Avec le Roi
4. V. Cousin nous a donné, dans Madame de Clievreuse {Appendice., p. 421 et 422), la (c Copie d'un mémoire écrit de la main du Roi le 17 août (1(337), et d'un engagement de la Reine {du même jour) à se conformer à toutes les choses qui lui sont prescrites. »
5. A deux lieues de Senlis, dans le dépaitement de l'Oise. Le domaine de Chantilly avait été confisqué en ifi32 sur Henri de Montmorency. Louis XIII, en donnant à la sœur de celui-ci, Charlotte-xMargueritc, princesse de Condé, le duché de Montmorency, s'était réservé le château et la seigneurie de Chantilly, que plus tard Anne d'Autriche lui rendit, nous dira plus loin la Rochefoucauld (p. 81). Voyez, dans la i'''; des fié/lejcions du'crses (tome I, p. 281), la comparaison faite par notre auteur entre la terre de Chantilly et celle de Liancourt.
MEMOIRES. [1637] 3i
Royaumont*; mon père étoit auprès du Roi : il pressoit mon départ, par la crainte qu'il avoit que l'attachement que j'avois à la Reine ^ ne nous attirât de nouveaux embarras. Lui et M. de Chavigny' me menèrent à Royaumont; ils n'oublièrent rien l'un et l'autre pour me représenter les pénis où ma conduite, qui étoit depuis longtemps désagréable au Roi et suspecte au Cardinal, pouvoit jeter ma maison, et ils me dirent positivement que je ne reviendrois jamais à la cour si je passois à Tours, où étoit Mme de Clievreuse, et si je ne rompois tout commerce* avec elle. Cet ordre si précis me mit dans une peine extrême. Ils m'avertirent que j'étois observé, et qu'on seroit exactement averti de tout ce que je ferois : j'étois néanmoms chargé si expressément de la Reine de faire savoir à Mme de Chevreuse ce qui s'étoit passé dans la déposition du Chancelier, que je ne me pouvois dispenser" de lui en donner avis. Je promis à mon père et à M. de Chavigny que je ne verrois point Mme de Chevreuse : je ne la vis pas en effet; mais je
I . Abbaye de l'ordre de Citeaux, à une lieue de Luzarcbes (Seineet-Oise). Elle avait été fondée en 1228 par saint Louis, dans un lieu nommé Cuimont, « lequel nous avons décrété, dit la charte de fondation conservée à la Bibliothèque nationale, devoir être à l'avenir appelé Royaumoiit {Regalem montern). » Le cardinal Mazarin fut abbé commendataire de Royauraont, de 1647 à i6jo. Richelieu était venu y présider, en i635, la conférence à la suite de laquelle furent signés les articles de la réforme cistercienne, dits articles de noyaumont. Voyez V Histoire de Royaumont de M. l'abbé H. Duclos, 1867, a vol. in-8.