J-e sticcùs, l'issue, comme plus haut, p. i3, ligne a
MEMOIRES. [i6i7] 31
venue avec elle que, quand elle lui enverroit des Heures reliées de vert, ce seroit une marque que les affaires de la Reine prendroient des voies de douceur et d'accommodemenl ; mais que si elle lui envovoit des Heures reliées de rouge, ce seroit avertir Mme de Clievreuse de pourvoir à sa sûreté, et de sortir du Royaume avec le plus de diligence qu'elle pourroit. Je ne sais laquelle des deux se méprit; mais au lieu d'envoyer à IMme de Chevreuse les Heures^ qui la dévoient rassurer^, celles qu'elle reçut lui firent croire que la Reine et elle étoient perdues : de sorte que, sans consulter davantage et sans se souvenir de ce que je lui avois mandé, elle se résolut de se sauver en Espagne. Elle confia ce secret à l'archevêque de Tours*, qui étoit un vieillard de quatrevingts ans, plus /.élé pour elle qu'il ne convenoit à un homme de son âge et de sa profession ; il étoit de Béarn, et avoit des parents sur la frontiùre d'Espagne : il donna à Mme de Chevreuse une roule *, et les lettres de créance qu'il crut lui être nécessaires. Elle se déguisa en homme, et partit à cheval*, sans femmes®, et accompagnée de deux hommes seulement; la précipitation de son départ lui fît oublier, en changeant d'habit, d'emporter avec elle les lettres de créance et la route que l'archevêque de Tours lui avoit données, et elle ne s'en aperçut qu'après avoir fait cinq ou six lieues. Cet accident lui fit changer de dessein, et ne sachant quel parti prendre,