‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 87 sur 616 · Ce changement toutefois ne devoit · texte numérisé non relu

Ce changement toutefois ne devoit

2. Perpignan capitula le 29 août 1642, après trois mois de tranchée ouverte.

3. //, c'est-à-dire le Roi, comme le montre la suite de la phrase, et non le Cardinal, comme pourrait d'ahord le faire entendre l'amphibologie de la construction.

4. Vincennes n'était alors qu'un bourg. Le château avait été rebâti en ii83 sous Philippe Auguste, qui fît entourer le bois d'un mur, afin d'y mettre des bêtes fauves que le roi d'Angleterre lui avait envoyées. Le donjon ne date que du quatorzième siècle. Une nouvelle reconstruction du château, entreprise par Louis XIII, ne fut achevée qu'au commencement du règne de Louis XIV. Tous les contemporains parlent avec admiration delà futaie de charmes, d'ormes et de chênes, et surtout de la partie appelée le liais de beauté, qui était située sur la colline regardant la Marne.

5. Henry Coëffier de Ruzé, marquis de Cinq-M;u-s, fa\ori de Louis XIII, appelé communément J/o/w/ewr/f 6>«W, parce qu'il était grand écuyer de France; né en 1620, il fut décapité, à Lyon, le 12 septembre 1642, avec son ami de Thou. M. Avenel a publié sur celte conspiration célèbre, qui a inspiré un roman à Alfred

une nouvelle scène. Sa faveur étoit devenue suspecte au cardinal de Richelieu, qui Tavoit commencée; il connut bientôt la faute qu'il avoit faite de faire chasser Mlle de Haute fort ' et Mlle de Ciienierault ^, qui ne lui pouvoient nuire auprès du Roi, et d'y établir un jeune homme ambitieux, fier par sa fortune, plus fier encore par son élévation naturelle et par son esprit, mais peu capable d'être retenu par la reconnoissance des avantages que le maréchal d'Effîat, son père ^, et lui avoient reçus du cardinal de Richelieu. Monsieur le Grand étoit extrêmement bien fait; il étoit étroitement engagé avec Mme la princesse Marie, depuis reine de Pologne*, qui étoit une des plus aimables personnes du monde. Dans le temps que sa vanité devoit être le plus flattée de plaire à cette princesse, elle, de son côté, souhaitoit ardemment de l'épouser, et dans ce temps, dis-je, où l'un et l'autre paroissoicnt entraînés par la violence de leiu' passion, le caprice, qui dispose presque toujours de la fidélité des amants*, retenoit depuis longtemps la princesse Marie

de Vigny, un opuscule intitulé : Le dernier épisode de la vie de Richelieu, 1868, in-8».

1. Mlle de Hautefort, dont on a mentionné plus haut la disgrâce, s'était retirée près du Mans, dans une terre qui appartenait à sa grand 'm ère.

2. Richelieu avait fait chasser Mlle de Chemerault, en même temps que 3Il!e de Hautefort, pour mieux couvrir son jeu et la trahison de cette fausse amie de la Reine.

3. Antoine Coëffier de Ruzé, marquis d'Effiat, avait été surintendant des finances, maréchal de France, et ambassadeur extraordinaire en Angleterre. Il était mort en 1682.

4. Marie-Louise de Gonzague, née en 1612, fille aînée de Charles duc de Nevers, puis duc souverain de Mantoue, et sœur de la célèbre princesse Palatine. Elle fut à deux reprises reine de Pologne, ayant épousé Wladislas VII en 1645, puis le frère de celui-ci, Casimir V, en 1649. f^l^G mourut à Varsovie en 1667.

5. Comparez avec les maximes sur les Jmaiits et ï^ Amour (voyez la Table du tome I), et avec la iS^des Réffexions diierses {\>. 343-345).

dans un allacliement particulier* pour .,.^, et Monsieur le Grand ainioit éperdument Mlle de Chemerault ; il lui persuadoit mOme qu'il avoit dessein de Tépouser, et il lui en donnoit des assurances par des lettres qui ont causé de grandes aigreurs après sa mort entre Mme la princesse Marie et elle, dont j'ai été témoin.

Cependant l'éclat du crédit de Monsieur le Grand réveilla les espérances des mécontents : la Reine et Monsieur s'unirent à lui ; le duc de Bouillon ' et plusieurs personnes de qualité firent la même chose*. Tant de prospérités pouvoient aisément éblouir un homme de vingtdeux ans ; mais on ne doit pas pardonner à la Reine, à Monsieur, ni au duc de Bouillon, d'en avoir été assez éblouis eux-mêmes pour se laisser entraîner par Monsieur le Grand à ce funeste traité d'Espagne dont on a tant

1. Le mot j>ort:culier n'est pas dans les éditions antérieures.

2. Pour M. ***. (1817.) — Pour***. (1826,38.) — Est-ce le nom de Langcron que cachent les trois points ou les trois astérisques? (r Elle eut le déplaisir, avant de quitter Paris, dit Tallemant des Réaux dans V Hhtoriette de la reine de Pologne (tome III, p. 4^5), d'apprendre qu'on avoit fait quelque médisance d'elle et de Monsieur le Grand, et même de Langeron, qui, comme bailli de Nevers, avoit de tout temps de l'attachement à sa maison. » — On ne peut songer au duc d'Orléans, dont l'amour pour la princesse Marie fut antérieur à cette époque, et à qui elle avait gardé, disait-on, un amer ressentiment : voyez Mme de Motteville^ tome I, p. 40 et P- 245 et 246.

3. Sur Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, prince de Sedan et duc de Bouillon, frère de l'illustre Turenne, voyez ci-après la note 2 de la page 118.

4. Mme de Mottevilie, parlant de ce complot, dit (tome I, p. 72) : « Le Roi en étoit tacitement le chef; Monsieur le Grand en étoit l'arae; le nom dont on se servoit étoit celui du duc d'Orléans...; et leur conseil étoit le duc de Bouillon, qui s'y engagea, à cause qu'ayant été dans le parti du comte de Soissons, il étoit fort mal à la cour Monsieur le Grand, ne se liant pas tout à fait à l'amitié et à la force du Roi, voulut avoir une armée pour défendre Sedan, que le duc de Bouillon leur donna pour place de sûreté. »

parlé'. La manière qui le fit découvrir est encore douteuse, et, sans m'arréter aux divers soupçons qu'on a eus de la fidélité ou du secret de ceux qui le savoient, il vaut mieux s'attacher à une opinion innocente, et croire que ce traité fut trouvé dans la malle du courrier d'Espagne , que l'on ouvre presque toujours en passant à Paris. M. deTliou^ n'en avoit encore aucune connoissance , lorsqu'il vint me trouver de la part de la Reine pour m'apprendre sa liaison avec Monsieur le Grand , et qu'elle lui avoit promis que je serois de ses amis ; M. de Tliou me fil aussi beaucoup d'avances delNîonsieur le Grand, etje me trouvai dans ses intérêts sans l'avoir presque jamais vu. Je ne dirai point ici la suite malheureuse de leurs projets : on la sait assez. La mort de Monsieur le Grand et de M. de Thou ne ralentit pas les poursuites du Cardinal contre tous ceux qui avoient eu part au traité d'Espagne, Le comte de Montrésor avoit été accusé par Monsieur de l'avoir su, et il se vit contraint de sortir du Royaume; il en chercha longtemps inuti-

1. On peut suppléer à la brièveté du récit de la Rochefoucauld au moyen des Mémoires de Montrésor, p. SSy et suivantes, de ceux de Mme de Mottailie, tome I, chapitre iv, de la R< lation de Fontrailles^ ami et conseil de Cinq-Mars, à la suite de laquelle Petitot donne le texte du traité conclu avec l'Espagne le i3 mars 1642, Pt celui d'une lettre de M. de Marca à M . de Brienne sur ce qui s'est passé à l'instruction du procès de Cinq-Mars et de de Thou.

2. François-Auguste de Thou, grand maître de la iilirairie du Roi, conseiller d'État, fils de Jacques-Auguste de Thou, l'Iiistorien. Mme de Motteville dit (tome I, p. 74) « que M. de Thou fut aussi arrêté pour avoir su le secret du traité d'Espaguf , non pas comme participant à ce dessein, car il l'avoit même tout à fait désapprouvé, mais seulement pour l'avoir su par confiance et pour ne l'avoir pas révélé, et pour principale raison parce qu'il n'étoit pas ami du cardinal de Richelieu. » Voyez, dans les Arclia-es cur eitses de fhisioire de France (2^ série, tome V, p. agS-Soi), Vlnterrogatoire fait à Monsieur le Grand et à M. de Thou, prisonniers au château de Pierre-Encise à Lyon, le 9 septembre 1642, et leur Confrontation.

Icment les moyens , et plusieurs de ses amis lui refusèrent le secours qu'il leur avoit demandé dans cette rencontre*. Nous étions dans une grande liaison'' d'amitié; mais comme j'avois déjà été^ mis en prison pour avoir fait passer Mme de Chevreuse en Espagne, il étoit périlleux vers le Cardinal de retomber dans une semblable faute , et même pour sauver un bomme qui étoit déclaré criminel. Je m'exposois par là tout de nouveau à de plus grands embarras encore que ceux dont je veijois de sortir. Ces raisons néanmoins cédèrent à r amitié que j'avois pour le comte de Montrésor, et je lui donnai une barque et des gens qui le menèrent sûrement en Angleterre. J'avois préparé une pareille assistance au comte de Bétlmne*, qui n'étoit pas seulement mêlé, comme le comte de Montrésor, dans ralTaire de Monsieur le Grand , mais qui étoit même assez malbeureux pour être accusé, bien que ce fût injustement, d'avoir révélé le traité d'Espagne ; il étoit prêt de suivre le comte de Montrésoren Angleterre , et je m'attendois à ressentir les effets de la baine du cardinal de Richelieu, que je ne m'attirois cependant, par tant de rechutes, que par la nécessité indispensable de faire mon devoir. La conquête du Roussillon, la chute de Monsieur le Grand et de tout son parti, la suite de tant d'heureux succès, tant d'autorité et tant de vengeances ^, avoient rendu

1. Les secours qu'il leur avoit demande's en cette rencontre. (1817, 2f), 38.)

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