‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 1 sur 237 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

La Notice placée en tête de ce volume contient tout ce qne nous avions à donner d'explications et de renseignements sur la correspondance de la Rochefoucauld, et sur le soin que nous avons apporté à cette partie de notre tâche, dans laquelle M. Tamizey de Larroque, à qui nous renouvelons nos remerciements, a bien voulu nous seconder ; il a pris fort obligeamment la peine, comme pour la fin des Mémoires du cardinal de Retz, de lire une épreuve, ce qui lui a donné l'occasion de nous communiquer pour notre commentaire plus d'une intéressante référence.

Tout ce qu'il nous reste à faire ici, c'est d'exprimer notre très-vif regret du retard qu'a éprouvé la publication de ce tome III. Nous en disons les raisons aux pages Lxix et lxx de la Notice biographique, que les souscripteurs recevront en même temps que cette pre-

Il AVERTISSEMENT

mière partie du tome III et qui complétera le tome I. Le Lexique formera, suivi de la Notice bibliographique, la seconde partie du tome III ; il est prêt depuis longtemps pour les Maximes et les Mémoires, et il le sera très-prochainement pour les Lettres.

La. Rochefoucauld, m, i

Le recueil des lettres contenues dans ce tome III embrasse une période de quarante ans, de 163- à 1677, et peut se répartir en deux groupes principaux, correspondant aux deux moitiés si diverses de la vie de la Rochefoucauld. Entre la première lettre, que le futur auteur des Maximes écrit à l'âge de vingt-cinq ans, et la dernière que nous ayons pu dater, qu'il adresse, moins de trois ans avant de mourir, au P. Rapin, tout en lui et autour de lui s'est profondément modifié : aux ministères tourmentés de Richelieu et de Mazarin a succédé la phase brillante du règne de Louis XIV, et l'ancien Frondeur, si malencontreusement jeté à la côte par les orages de la politique, n'a plus de goût que pour les douces et intimes relations, où il repose dans les passe-temps littéraires (on n'ose dire rassérène, à cause des Maximes) son esprit et son cœur aigris par les aventures.

L'intérêt de la première partie du recueil, celle qui va de 1687 à i653, est précisément de nous montrer la Rochefoucauld, mieux encore que ne font ses Mémoires, dans toute l'ardeur de l'intrigue et de l'ambition. Deux de ces lettres (n°^ 2 et 6) ont trait à cette funeste liaison de jeunesse qui, en l'engageant à la suite de Mme de Chevreuse et des autres brouillons d'Etat, fit de lui, par avance, une recrue assurée de la Fronde. Deux autres, adressées à Mazarin aux mois de septembre et d'octobre 1648, laissent déjà voir que Marcillac, tout en protestant de son « entière obéissance, » commence à peser par onces, comme le Cardinal lui-même dit en ses Carnets^, les conditions de son dévouement; deux mois après, dans un billet au comte de Chavigny, ses prétentions et son dépit s'exhalent.

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