‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 121 sur 237 · Ce dernier alinéa est en post-scriptum, après un parafe · texte numérisé non relu

Ce dernier alinéa est en post-scriptum, après un parafe

" Pierre de Belleperche, jurisconsulte assez célèbre, qui devint évêque cl'Auierre en iScj. Le passage dont il est question se trouve au livre IV des fnstitates, titre vi de Actionibus. Voyez le Livre des Proverbes français de le Roux de Lincy (2^^ édition, tome I, 1839, p. 875).

*> Dans cette note du tome I on a daté la lettre de 1660; ces lettres sur les Maximes ne peuvent l'être qu'approximativement : voyez p. i45, la note préliminaire de la lettre 63.

LETTRES. l55

G7. A LA MARQUISE DE SABLE. l663

Je vous envoie un billet que Mme de Puisieux* m'écrit, oii vous verrez que j'ai obéi à vos ordres, et qu'elle voudroit bien avoir de la poudre de vipère ^ Si vous avez la bonté de lui en envoyer, vous l'obligerez extrêmement. Souvenez-vous, s'il vous plaît, de faire copier vos maximes, et de me les donner à mon retour. Je vous baise très-humblement les mains, et je prends encore une fois congé de vous.

Lettre 67. — Portefeuilles de Vallant, tome II, foL 286. autographe ; au dos, la mention : « M. de la Rochefoucault à Mme de Sablé. » Publiée dans les éditions de 1818, p. 233, de i825, p. 4/3, de 1869, p. 343, et dans Madame de Sablé, p. 5 18.

1. Charlotte d'Estampes de \alençaY, mariée, en janvier i6i5, à Pierre Brùlart, marquis de Sillcry et vicomte de Puisicux, qui avait été secrétaire d'Etat sous Henri IV et sous Louis XIII. C'est la mère du marquis de Sillery, beau-frère de la Rochefoucauld. Veuve en 16^0, elle mourut en 1677, âgée de quatre-vingts ans. Tallemant des Réaux, Mme de Sévigné et Bussy Rabutin s'accordent à nous la représenter comme une femme spirituelle, mais d'une humeur quelque peu inégale et bizarre. Nous savons par Mademoiselle de Montpensier (^Mémoires, tome IV, p. io4 et io5) que Mme de Puisieux la poussa vivement à épouser le comte de Saint-Pol, second fils de Mme de Longue ville. On trouvera deux lettres d'elle à Mme de Sablé, dans le livre de M. Ed. de Barthélémy : les Amis de la marquise de Sablé (i865, in-8°, p. 205 et 266).

2. Substance pharmaceutique fort à la mode à cette épocpie. Nous disons dans la Notice biographique, p. lxviii et note 3, que Mme de Sablé tenait en cjuelque sorte école, non- seulement de cuisine, mais encore de drogueries fines et de recettes merveilleuses. Le tome IV des Portefeuilles du docteur Vallant contient bon nombre de « thèses » curieuses en ce genre ; il y en a pour la pleurésie, pour les gouttes, pour les vers, les loupes, les écrouelles, etc., sans compter les compositions de tisanes, les discours techniques, a sur le hoquet, » par exemple, ou « du délire en général. » Les triples fonctions de médecin, d'intendant et de secrétaire, que VaUant remplissait auprès de la marquise, se trouvent ainsi, dans les manuscrits dont nous avons parlé, confondues et enchevêtrées de la manière la plus étrange.

l56 LETTRES.

i6G3 68. A LA MARQUISE DE SABLE.

Je vous envoie' ce que j'ai pris chez vous en partie. Je vous supplie très-humblement de me mander si je ne l'ai point gâté, et si vous trouvez le reste à votre gré*. Sou venez- vous, s'il vous plaît, de la poudre de vipère et de la manière d'en user\

« De plusieurs actions diverses que la fortune arrange comme il lui plaît, il s'en fait plusieurs vertus*.

« Le désir de vivre ou de mourir sont des goûts de l'amour-propre, dont il ne faut non plus disputer que des goûts de la langue ou du choix des couleurs^.

« 11 n'est pas si dangereux de faire du mal à la plupart des hommes que de leur faire trop de bien*^.

Lettre 68. — Portefeuilles de Vallant, tome II, fol. 255-358^ autographe ; cachets consei^és ; au dos du premier feuillet est cette mention : a Sur les Maximes; M. de la Rocliefou[cauld] ; » elle se trouve répétée au verso du folio 256. Sur le folio 358 se lit cette note de Vallant : « M. de la Rochefoucauld écrit un billet, qui est ici, à Mme de Sablé, en la suppliant de lui en dire son sentiment. » Cette lettre a été publiée dans les éditions de iSiS, p. aSA, de iSaS, p. 47^, de 1869, p. 346, et dans Madame de Sablé, p. 519.

1. Après Je vous envoie, il y a, dans l'original, deux mots biffés : Madame de.

2. On sait quel était, dans le cénacle de Mme de Sablé, le jeu littéraire des Maximes. Le plus souvent on donnait un sujet de sentence, une sorte de canevas, sur lequel on s'ingéniait à broder d'abord en commun, de manière que la Rochefoucauld emportait la maxime plus ou moins finie, et renvoyait ensuite à la marquise, avec la marque de son tour d'esprit, ce qu'il avait, comme il le dit, « pris » chez elle. Voyez la Notice biographique, p. lxxi et lxxii.

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