Rapprochez de la maxime 878 (tome I, p
qu'il en sera bien fâché aussi, quand il y aura fait réflexion. Ce qui m'en déplaît le plus, c'est que je n'y vois guère de remède et qu'en cent ans on ne réparera pas ce qu'il a détruit. Ce que vous me mandez d'un autre homme de mes amis me fera hâter mon voyage^ ; je ne puis plus résister à l'impatience que j'ai de le voir, et je vous retiens pour faciliter notre entrevue. Je prétends être à Noël à Paris, si ma santé me le permet ; je suis ravi que vous y passiez l'hiver. Je vous conjure que je sache si la mère de notre ami^ se laisse fléchir ou non sur l'argent : ce sera une chose terrible si elle ne fait pas ce qu'elle doit là-dessus. Je ne doute pas que son frère ne lui en dise son avis; mais je voudrois qu'il le dît de sorte à faire connoître qu'il désire qu'il soit suivi. Il est impossible d'écrire tout ce qu'on pense là-dessus ; j'espère que je vous le dirai bientôt. Je suis à vous sans réserve.
Il n'est pas nécessaire de vous dire de faire en sorte que Madame votre femme se ménage au dernier point dans l'état oii elle est; vous en savez toutes les conséquences, et vous êtes en lieu de bon conseil ; mais il est vrai que la moindre chose peut étrangement nuire à sa santé.
3. Cet autre homme est probablement Gourville. Les relations d'affaires que la Rochefoucauld n'a cessé d'avoir avec lui suffiraient à expliquer, à une époque quelconque, l'impatience ici témoignée. Que l'entrexoie présente des difficultés et que Guitaut puisse aider à les écarter, cela fait penser au temps où Gourville craignait d'être impliqué dans le procès de Foucquet. Vojez cidessus, p. iSa et p. 169 et 179, les lettres 54, 81 et 8li.
4. L'éditeur de i8i4, qui, nous l'avons dit, a daté cette lettre de i65i, a supposé dans une note qu'il s'agissait ici de la mère du grand Condé ; il a oublié que cette princesse était morte le 2 décembre i65o.
gS. AU COMTE DE GUITAUT. 1667
Paris, le 21 mai.
Je viens d'apprendre par M. de Briolle' Taccident qui est arrivé aux couches de Madame votre femme^. Je ne vous dis point que j'en suis aussi affligé que vousmême, parce que je crois que vous n'en doutez pas. Je vous conjure de me mander de ses nouvelles et des vôtres. Je vous ai écrit, il n'y a pas quinze jours, une assez longue lettre ; je voudrois bien savoir si vos gens vous l'ont envoyée. Il n'y a rien présentement qui puisse être mandé, que l'aventure du chariot, dont je m'assure que vous êtes informé comme nous. Quand je saurai le nom des principaux acteurs, je vous le manderai. Le fils de Jarzé^ a eu permission de porter le mousquet dans le régiment du Roi, commandé par M. d'Angeau *. Par ce moyen-là, il verra le Roi. et
Lettre g3. — Publiée pour la première fois dans le recueil de Lettres inédites de Mme de Sévigné (Klostermann, p. 385 ; Bossangc, p. 299). Antérieure à la paix de Breda (voyez ci-après, la note 5), elle paraît être néanmoins de 1667, année oià mourut la première femme du comte de Guitaut.
I . Ici et dans la lettre suivante, l'orthographe des éditions de i8i4 et de i8a4 est Brioles : voyez ci-dessus, p. 63, lettre a4 ot note 4.