au cardinal mazarin
Monseigneur,
J'aurois plus tôt rendu mille très-humbles grâces à Votre Eminence de l'honneur qu'EUe m'a fait dans la
depuis près de deux siècles, à la maison de Danchc. » Voyez aussi les Chroniques fontenaisiennes (notamment p. 3 10), par A. D. de la Fontenelle de Vaudoré, Fontenay-le-Comte, iS^i, in-8° ; le nom y est écrit Bessay.
Lettre 7. — Vue sur l'autographe, qui faisait partie de la collection de M. Feuillet de Conches ; sept pages in-folio; cachets conservés. Elle porte en tête, d'une autre main, cette mention :
j6^8 lettre qu'il lui a plu d'écrire à mon père, si je n'avois cru que ce devoir lui seroit moins désagréable en raccompagnant des assurances que je puis donner à Votre Eminence de l'entière obéissance où j'ai trouvé la province de Poitou. Il est vrai, Monseigneur, qu'elle n'a pas été d'abord égale partout, et que quelques habitants d'un lieu nommé Sainte-Hermine et d'un autre nommé Sainte-Geme', ayant été pour démolir deux bureaux de leur voisinage des Traites de Charente-, j'ai cru les devoir punir plus sévèrement que les autres, et
« i" septembre i648, M. de Marcillac, » mention qui se trouve répétée ainsi, au dos de la lettre : « M. de Marcillac, i^"^ septembre i648. « — On a vu, dans les Mémoires (au tome II, p. io4 et io5), et aussi dans VApologie de M. le prince de Marcillac (p. l\5g et 460, à la suite des Mémoires^ qu'au moment où la Fronde éclatait à Paris par Tarrestation de Broussel et de Blancmesnil, à la fin d'août i6/i8, notre auteur, qui n'était alors que prince de Marcillac, s'était rendu, sur l'ordre de la Reine, à son gouvernement de Poitou, afin d'y réprimer des désordres surv'enus à propos de perceptions fiscales. Cette lettre du i*"' septembre, qui informe le Cardinal de l'apaisement de la rébellion, est précisément celle à laquelle Mazarin fit, le 9 du même mois, la réponse que nous avons donnée dans notre tome II (note 3 de la page io5). Voyez, dans Vappendice v, i», de la Notice biographique, p. cm et civ, l'indication de pièces relatives à la gestion de Marcillac en Poitou, et de l'ordre de mise en liberté des six habitants de Sainte-Hermine.
1. Sainte-Hermine et Sainte-Gemme-la-Plaine sont, l'un un cheflieu de canton, l'autre une commime (canton de Luçon) de l'arrondissement de Fontenay-le-Comtc, lequel confine aux anciennes provinces d'Aunis et de Saintonge.
2. On donnait autrefois le nom de traites aux droits prélevés sur l'importation et l'exportation des marchandises. Les Traites (on disait aussi le Traité) de Charente se levaient à l'entrée et à la sortie des provinces de Saintonge et d'Aunis, qui, au sud, confinaient au pays dont le prince de Marcillac était alors gouverneur ; le principal bureau de [lerception se trouvait à Tonnay-sur-Charcnte. Notre auteur nommera plus loin Traites foraines les droits imposés aux denrées qui, au nord, entraient dans son gouvernement ou en sortaient.
c'est ce qui m'a obligé d'y envoyer dix compagnies du ^g, « régiment d'Aubeterre^ qui étoient à Lusson*, de retenir prisonniers six habitants des plus considérables, et de faire rétablir, aux dépens de ces lieux-là, tous les désordres qui ont été commis dans les deux bureaux dont je viens de vous parler.
Pour ce qui est des autres lieux, d'oij les commis des mêmes bureaux de la Traite de Charente se sont retirés d'eux-mêmes, et sur la crainte d'un pareil traitement, j'ai cru qu'il suiïisoit de les y faire retourner, et de les mettre en la protection des habitants, et de les rendre responsables de leur sûreté. Je suis au désespoir. Monseigneur, qu'une chose aussi peu considérable que celle qui est arrivée vous ait pu faire douter de la fidélité d'une province qui certainement est aussi soumise qu'aucune autre du Royaume^, et dont je puis répondre à Votre Eminence que la noblesse n'a eu aucune part à ce qui s'y est passé, et que la faute d'un très-petit nombre de gens ait produit toute l'importunité que cette aû'aire-là vous a causée.
J'espère, Monseigneur, qu'il n'y aura plus désormais aucune suite qui vous puisse déplaire, et je vois toutes choses si disposées à une obéissance entière, que j'ose supplier très-humblement Votre Eminence de se servir, en cette rencontre, de la même douceur qu'EUe a tou-
3. C'est-à-dire du régiment qui avait pour colonel le marquis <l'Aubelerre, Pierre Bouchard d'Esparbez de Lussan.
t\. Luçon, chef-lieu de canton du département de la Vendée, arrondissement de Fontenay-le-Comte.
5. On voit par le volume du Dépôt des affaires étrangères cité dans la note préliminaire de la lettre i (p. i3), qu'il n'en fut pas ainsi un peu plus tard, en i65o ; on y lit notamment, dans une pièce intitulée Nouvelles, non paginée et sans date, mais qui se rapporte à l'année en question, que Sainte-Hermine, la localité nommée plus haut, joua encore un rôle considérable dans le mouvement.
3o LETTRES.
i64S jours pratiquée, et de consentir que je remette en liberté de pauvres gens qui sont les moins coupables et qui m'étoient venus trouver pour se justifier. Outre la compassion que je crois que Votre Éminence en aura, par l'assurance que je lui donne que leur faute est beaucoup moindre que celle du menu peuple, je la supplie très-humblement de considérer qu'étant les principaux des lieux où les désordres sont arrivés, ils seront plus obligés, par la grâce qu'ils recevront de Votre Éminence, de maintenir, à l'avenir, les autres habitants dans leur devoir. Enfin, Monseigneur, je prendrai trèsgrande part à cette grâce, et je puis assurer Votre Eminence que les commis même souhaitent qu'il vous plaise de me l'accorder, et sont persuadés que cette marque de votre bonté leur sera avantageuse.
Pour ce qui est arrivé aux bureaux des Traites foraines^, les trois lieux oii il y ait eu quelque chose de considérable, c'a été à Touars, où M. de la Trimouille se charge de rétablir toutes choses, comme Votre Eminence le verra par la copie de deux lettres que j'ai reçues de lui ' ; le second est Bressuire ^, où les habitants