Qui quoi était vraisemblablement un sobriquet par lequel
" Date à substituer à celle de i642, donnée au tome II (p. viii, note i) ; voyez Sainte-Beuve, Port-Royal, tome II, p. 260.
camarades m'ont trop oublié pour me pouvoir souvenir d'eux avec honneur ; c'est seulement pour vous dire que j'ai changé de folie, et que l'agriculture tient aujourd'hui la place de toutes les autres que vous connoissez. Je vous demande donc un jardinier qui ait toutes les qualités nécessaires pour gouverner mes arbres^. Je prétends le nourrir et lui donner les gages dont vous conviendrez avec lui ; mais il faut que ce soit un grand personnage, car j'ai trois ou quatre maisons* sur lesquelles il aura une autorité absolue*, et il ira de l'une à l'autre faire exécuter à ceux qui seront sous sa charge tout ce qu'il jugera à propos. Sérieusement, je vous supplie trèshumblement d'em ployer même Monsieur votre père ^ , pour vous aider à bien choisir. Je crois que je ferois bien aussi de m'adresser à lui, pour vous obliger à me pardonner la liberté que je prends de vous donner mes commissions ; mais je ne puis toutefois me résoudre à vous en faire bien régulièrement des
dans l'enfance, la première jeunesse, les camarades désignaient l'auteur de la lettre, peut-être pour des habitudes de curiosité, de fréquente interrogation. La camaraderie dont il parle ici ne pouvait remonter au collège. Arnauld d'Andilly, qui, au reste, comme nous l'avons fait remarquer, était exactement du même âge que le comte de la Rocliefoucauld , avait été élevé dans la maison paternelle; et le comte aussi, très-probablement. « Mon père, dit le premier dans ses Mémoires (tome I, p. 90, édition de 1784), ne voulut pas me mettre au collège parce qu'il savoit combien l'on V apprend de choses que l'on seroit heureux de n'avoir point sues. »
3. Arnauld d'Andilly était fort compétent dans les choses de l'horticulture; on le surnommait le « savant jardinier », et luimême, à la veille de sa retraite, s'intitulait par avance, selon le témoignage de Fontaine dans ses Mémoires (tome I, p. 289, Utrecht, 1786), le Surintendant des jardins (de l'abbaje). Voyez le Port-Royal de Sainte-Beuve, tome II, p. 254-264; et M. Varin, la Vérité sur les Arnauld, tome I, p. 87.