‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 201 sur 237 · Dans l'original, trouvé, sans accord · texte numérisé non relu

Dans l'original, trouvé, sans accord

"TT partir pour vous porter" cent mille écus en diligence, et nous partirons d'ici lundi pour Saint-Sébastien, et prendrons les vaisseaux et frégates, et vous porterons le reste de ce qui est dû par le traité, et quelque chose de plus, le tout porté par M. de Bateville. Que si l'arrivée du Roi vous a déjà rendu ce secours inutile, ne vous en prenez qu'à vous-même, ou à ceux qui ont cru que la présence d'un ministre ne les laisseroit pas en liberté laire les choses à leur fantaisie, ni exercer à leur mode les belles charges dont les titres sont seulement ridicules. Voilà l'effet d'un petit intérêt particulier, dont je ne me mettrois guère en peine, si vous n'étiez peut-être, à l'heure que je parle, en état d'en être aux dernières extrémités. Que si votre bonne fortune fait tant que vous ayez pu vous maintenir dans ce fâcheux incident, je crois qu'ensuite toutes choses iront à souhait; mais, encore une fois, je vous dis que l'on vous a fait un mauvais tour ; car pourquoi faire sonner le mot de changer un traité, où, sur le moindre ordre que vous m'eussiez envoyé, ou à M. de Baas, toutes choses eussent été faites, et sans perdre le temps, et sans donner soupçon aux Espagnols de peu de foi et de quelque légèreté? Tout cela ne sera rien, pourvu que vous n'en ayez point pâti jusques à cette heure : c'est ce que je souhaite le plus au monde, et que toutes choses vous succèdent aussi heureusement que vous le méritez. Les Catalans sont révoltés contre les François'^; la nouvelle en vient d'arriver, et ils en ont déjà fait grand massacre : les troupes et le pays sont contre eux, ainsi ils sont tous perdus. De plus, l'on a vu, il y a plus de douze jours, l'escadre qui doit aller à Bourdeaux, aux côtes de Catalogne, qui s'en va gagner le détroit. Ainsi je pense que les vaisseaux seront à Bourdeaux aussitôt que nous ; et, quand cela tarderoit davantage, nous irons toujours, plus forts qu'il ne faut pour être, en attendant, maîtres absolus de la rivière. Faites donc tous vos efforts pour vous maintenir, et, à cette arrivée du Roi, gardez-vous des trahisons, et croyez sur ma parole que vous ne vous sauriez passer du baron de Bateville, ni pour l'intérêt général, ni pour le vôtre particulier, et pour celui de M. de

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