‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 217 sur 237 · DE SABLÉ · texte numérisé non relu

DE SABLÉ

[i665 ou 1666.]

(Cette lettre, qui est d'un très-grand intérêt pour l'histoire des relations de la Rochefoucauld avec Mme de la Fayette, a trouvé place dans Vappendice vu de la Notice biographique, p. cxi-cxiii.)

[Août 1671.]

Comme je suis très-résolue de ne prendre plus de part aux maux ni aux biens de ce monde S j ^i été surprise de retrouver

i3. La Cerdagne était située sur les deux versants des Pyrénées. La partie française était comprise dans le Roussillon, chef-lieu Mont-Louis ; la partie espagnole dans la Catalogne, chef-lieu Puvcerda, à cent dix kilomètres N. de Barcelone. Puycerda, attaqué le i3 octobre i654, se rendit le ai au prince de Conty, « qui demeura par cette conquête, dit Montglat (tome II, p. 454)j maître de toute la Cerdagne. » Quant à Gourville, nous savons par ses Mémoires (p. 291-39^) qu'il n'obéit point, cette année-là, à l'invitation que le duc de la Rochefoucauld était chargé par Conty de lui faire. Il passa l'hiver à Paris, et ce ne fut qu'au printemps de i655 qu'il s'en alla en Catalogne, après avoir pris d'abord congé du Cardinal.

Lettre 23. — Vue sur l'autographe, Portefeuilles de Vallant, tome II, fol. i36 et verso. Il n'y a ni suscription ni signature ; mais c'est l'écriture de Mme de Sablé, et il est bien probable que c'est à notre auteur qu'elle écrit et en 167 1 : vovez ci-après les notes 1 , 2 , 3 et 4 •

I. Il semble bien que ce commencement déjà date la lettre, d'une

28o LETTRES.

en moi une très-grande sensibilité pour ceux que le Roi vous a faits ^. Je vous assure, Monsieur, que, quelque médisance que vous fassiez de moi tous les jours, je n'ai point le défaut dont je ne vous accuse plus; car ce que j'ai trouvé dans mon cœur pour vous en cette occasion, ressemble très-fort à une très-grande amitié^. Je n'ai su que depuis deux jours ce que vous laites de si beau et de si extraordinaire. C'est avoir une confiance bien généreuse, et qui est même fort honorable pour Monsieur votre fils*, car ayant, comme vous l'avez, un jugement des choses et des gens qui ne se peut jamais tromper, cela est aussi honorable qu'utile pour^ lui ^.

manière assez large, il est vrai, et la place au temps qiii a suivi la conversion de Mme de Sablé, à savoir dans les années de sa retraite au faubourg Saint-Jacques, près de Port Royal.

2. Sans aucun doute en la personne du fils de notre auteur, le prince de Marcillac : voyez la dernière phrase de la lettre et les notes 4 et 5. — Dans l'original, Jait, sans accord.

3. On voit dans les lettres 5i (p. 127 et ia8), 58 (p. i38), 64 (p. 1^7) que la Rochefoucauld reprochait fort à Mme de Sablé sa paresse à écrire. Il va même une fois (^lettre 79, p. 168) jusqu'à se plaindre, dans une amicale hyperbole, de sa dureté pour lui.

4. Mme de Sévigné apprend en ces termes à sa fille, le 28 août 167 1 (tome II, p. 334). que la Rochefoucauld s'est démis de son titre de duc en faveur de son fils : « Mme de la Fayette vous aura mandé comme M. de la Rochefoucauld a fait duc le prince son fils, et de quelle façon le Roi a donné une nouvelle pension. » Ceci explique bien à la fois et ce passage : « ce que vous faites de si beau, etc., » et ce qui est dit dans la première phrase des «biens faits» parle Roi. I^our les autres faveurs successivement Tccordées par Louis XIV au prince de Marcillac, voyez ci-dessus, p. 2i5, la note préliminaire de la lettre 107.

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