‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 221 sur 237 · A MONSIEUa · texte numérisé non relu

A MONSIEUa

Monsieur,

Il est arrivé un accident à Cahusac, sur lequel je crois que les parents d'un collecteur qui a été tué vous iront trouver pour vous demander justice, mes officiers n'étant pas compétents pour juger du fait des tailles. Je ne vous demande en cela que ce que vous trouverez raisonnable pour l'intérêt public, et de croire que j'ai tout le ressentiment que je dois des grâces que je reçois sans cesse de vous. Faites-moi l'honneur de croire que personne aussi ne peut être si passionnément que moi,

Votre très-humble et tiès-affectionné serviteur,

La Rochefoucauld.

Ce 30"" avril.

Suscription: Monsieur (sans nom propre à la suile).

A MALBASTIT.

Malbastit, je ne reçois pas vos excuses, tant pour ne me mander pas assez souvent des nouvelles du pays que pour la poursuite de l'alFaire contre le sieur Cantals, où je trouve

Lettre 4 — Autographe.

Lettre 5. — La signature et le post-scriptum seuls sont autographes. Fragment d'un cachet armorié sur cire rouge. La mention qui est faite dans celte lettre du maréchal de Schonberg prouve qu'elle a été écrite avant le 6 juin i656, date de sa mort.

<|ue vous allez trop lentement, et que le déci'et en devroil être fait à celte heure ; et ces marchands de Paris qui étoient obligés de payer y vont bien plus vite, ayant lait saisir mes terres, €t me faisant faire de grands frais qui tomberont sur eux'. C'est pourquoi vous ne perdrez pas une heure de temps à cette affaire, si vous voulez que j'aie de la satisfaction de vous.

Je suis bien marri du mal que vous me mandez que la sécheresse a fait aux arbres qu'on avoit plantés et à ma vigne de musquard-. S'il y reste quelquechose, il le faut bien conserver; et pour mon bâtiment, il le faut parachever ; mais il n'y a rien de pressé, et je ne veux qu'on y emploie d'autre argent •que celui que j'y ai destiné.

Je suis bien aise que le voyage que vous avez fait à Agen ait été utile pour mes terres, et je m'assure qu'aux choses qui dépendront de M. le maréchal de Schonberg^, elles seront soulagées, et je lui en écris pour l'en prier encore. La récolte a été aussi médiocre en ce pays qu'au vôtre, et n'y a point de doute que les blés vaudront de l'argent cette année. J'écris à Bourdeaux^ pour la force que j'y ai, et je serai bien aise qu'on témoigne à M. le curé de Salnt-Capraiz ^ que je lui sais gré de ce qu'il en a écrit à Monsieur son frère.

Je suis votre meilleur ami,

La Rochefoucauld.

I. Sur les embarras d'argent du duc de la Rochefoucauld, voyez la Notice biographique, p. xliv et lviii-lx.

3. C'est sans doute muscat qu'il faut lire : voyez, à la page suivante, lettre 6 et note 3.

3. Voyez ci-dessus, p. I2 2, la note 4 de la lettre 46. Le maréchal Charles de Schonberg (dans l'original Choinbert) eut, après son père Henri, le gouvernement du Languedoc ; il s'en démit en

4. Dans l'original, Buordeaux. Le mot force qui suit signifie « la force de blé » et est pris au sens de quantité cpi'il a dans la locution : force gens, et dans celle-ci, qui se rapproche davantage de notre exemple : « force palme et force laurier » (Malherbe, tome I, p. 1 13).

5. Peut-être s'agit-il du curé de l'église collégiale de Saint- ■Caprais, aujourd'hui cathédrale, à Agen.

Il faut nécessairement, et sans y trouver d'excuse, que vous m'envoyiez •' un homme qui sache bien labourer et cultiver la terre. Je ne le garderai que tant qu'il voudra.

Ce dernier d'août, à Verteuil.

Suscription : A Malbastit.

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