AU MARQUIS DE SILLERY
Je pars présentement pour faire le voyage dont nous parlâmes ici dernièrement ; je ne sais quel en sera le
9. Voyez ci-dessus, p. 38, note 2 ; p. ^2, note 3 ; et les Mémoires, p. 176, note 6. Nous apprenons par ceux de Lenet (p. /491 et 492) que celui-ci trouva à Montrond quatre lettres que Condé avait écrites de sa prison ; parmi ces lettres, il y en avait une pour la Rochefoucauld, que nous donnons ci-après, dans V appendice i, p. 264.
10. Me corrige m'en. Deux lignes plus loin, au[oir] corrige vo[us].
11. Devantse mortifier, on lit, dans l'original, le moiremettre, biffé. Lettre 16. — D'après la copie d'un autographe communiqué à
M. Gilbert. La date de cette lettre n'est accompagnée d'aucune mention de lieu ; mais elle a été probablement écrite de Verteuil, où la Rochefoucauld était installé, depuis le mois d'octobre i65o, au milieu des ruines de sa maison. Le voyage mystérieux dont il est parlé au début de la lettre et dans le post-scriptum est celui qu'il fit à Paris en janvier i65i. Voyez la Notice biographique, p. xLv et XLvi, et ce qui est dit dans les Mémoires (p. 219 et suivantes) des négociations que le duc conduisit alors du fond de la maison de la princesse Palatine, où il demeurait caché, et de ses entrevues secrètes avec le cardinal Mazarin.
I. Sur le marquis de Sillcry, voyez p. 38, lettre 12, note 4-
LETTRES. /i5
«uccès, mais on me presse fort de le faire, sans m'avoir jg^ j mandé néanmoins aucune autre particularité que la bonne disposition du Parlement ; mais comme les choses peuvent venir au point que le Cardinal sera contraint de faire sortir les Princes, et que l'intérêt de Mme d'Aiguillon- peut être un obstacle à leur liberté par mille raisons que vous voyez mieux que moi, je crois qu'il seroit avantageux pour elle et pour tout le monde qu'elle ne crût point être irréconciliable avec Monsieur le P^ince^ C'est pourquoi, si vous voyez jour à lui faire comprendre que les choses peuvent sortir par votre moyen de cette aigreur-là, je crois qu'il seroit bien à propos de le faire. Si elle veut aussi se radoucir pour Mme de Richelieu^, je suis assuré qu'elle est disposée à relâcher de ses intérêts tout autant qu'on le peut désirer pour avoir la paix et l'amitié de Mme d'Aiguillon. Je vous mande tout ceci avec la hâte d'un homme qui est fort pressé ; vous en userez comme il vous plaira, et me ferez l'honneur de croire que personne n'est plus entièrement à vous que moi.
Ce n'est point l'homme que vous fîtes venir ici qui m'a écrit, mais une personne à qui les mêmes gens qu'il devoit voir ont parlé.
Ce i4 janvier [i65i].
Voyez^ si vous avez quelque chose à m'ordonner au pays 011 je vas avec celui qui vous écrit ce que dessus. Personne du monde ne saura le lieu où je logerai que Perrenelles, à qui je le ferai savoir par mon valet nommé
a. Sur Mme d'Aiguillon, voyez les Mémoires, p. 25 et note a ; p. 75 et note 3.
3. Voyez les Mémoires, p. 161 et note It ; p. 162 et notes i et 5.