A LENET
Ce 3o"^ avril [i652].
Bien qu'il soit inutile d'écrire par un homme comme / M. l'abbé de Sillery', je ne puis m'empêcher d'ajouter à son instruction que vous n'avez jamais eu tant de sujet d'être satisfait de Son Altesse, et qu'Elle parle de vous comme je sais que vous le pouvez désirer. Je commence à n'espérer pas si tôt de vous voir; car, les choses même s'accommodant, vous courez fortune de faire un plus grand voyage que celui-ci. Les irrésolutions sont plus cruelles que jamais, et certainement on ne vous peut encore rien mander d'assuré. Croyez que rien ne le peut jamais [être] davantage que la protestation que je vous fais d'être plus à vous que personne du monde.
Lettre 18. — Manuscrits de Lenet, tome XXVI, foL 167 et i58, autographe ; cachets conservés ; au dos : « M. le duc de la Rochefoucault. » Comme la précédente, cette lettre a été publiée par M- G. Servois, dans V Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, i863, 2''^ partie, p. 28. Le duc était alors à Paris : voyez la date de la lettre 17, et la note 2 de la page 46.
I. Fabio Brûlart de Sillery, évoque de Soissons (1693-171/i), membre de l'Académie française et de celle des inscriptions et belles-lettres : voyez le tome I, p. ^07 et note 2. Il était fils d'une sœur de la Rochefoucauld et du marquis de Sillery à qui est adressée la lettre 16, ci-dessus, p. 44-
flS LETTRES.
jgg.^ Il* s'est passé des choses si extrordinaires de toutes façons depuis que je ne vous ai vu^, que je meurs d'envie de vous en entretenir.
Suscription : A Monsieur Monsieur TEsnet.
LENET
Je vous remets à la lettre que j'écris à ma femme^, car je n'ai que ce seul moment pour vous dire que tout se dispose aujourd'hui à une furieuse guerre. Cela me donne quelque espérance de la paix^, car vous savez que les choses de ce monde ne demeurent pas longtemps en même état. Je vous conjure de croire que je
2. La phrase qui suit est en post-scriptum dans l'originaL Après passé, il y a ici, biffé. Pour extrordinaires, voyez la note i de la lettre 8. Les mots de toutes façons sont en interligne ; entre je et meurs, il y a deux mots effacés, dont le premier paraît être serais.
3. Allusion aux négociations entamées à Saint-Germain, à la fin d'a\'ril i652, parle duc de Rohan, le comte de Chavigny et Goulas. Voyez les Mémoires, p. 878 et suivantes.
Lettre 19 — Manuscrits de Lenel. tome XXVI, fol. i48 et 1^9, autographe ; au dos, la mention : « M. le duc de la Rochefoucault. » Publiée, comme les deux précédentes, par M. G. Servois, dans V Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France. i863, 2<'"^ partie, p. 28 et 24.
I. Un mot, probablement pour, effacé après femme. — La duchesse de la Rochefoucauld était alors à Bordeaux, comme Lenet. Voyez, au tome IV du recueil de manuscrits d'où la lettre 19 est tirée, une lettre de Marigny à Lenet (fol. 161 et 162). — La suscription d'une lettre du même Marigny {ibidem, tome XII, fol. 87) nous apprend que Lenet demeurait à Bordeaux « dans la maison du Convoi (voyez les Mémoires, p. 19/i, note 4), rue du Chapeau-Rouge. »
a. Et non de la faire, comme porte le texte du premier éditeur. — Entre de et la, il y a un mot biffé.
n'en changerai jamais pour vous et que je vous serai ^55.^ toute ma vie ce que je vous ai promis d'être. Ce 2"^ juln^ [16D2].
Suscription : A Monsieur Monsieur l'Esné.