Est-ce le même que de Roches ou des Roches, qui, dans les
toutes les apparences du monde que Son Altesse fera ,55^ un traité avec lui. L'armée mazarine est devers Meaux, de six mille hommes au plus, avec quoi ils prétendent empêcher le duc de Lorraine*.
On n'a point eu de nouvelles assurées que Monrond eût été secouru, mais bien que nos troupes en étoient fort proche, et dévoient tenter le secours".
Le Parlement s'assembla avant-hier, et Mgrs les Princes s'y étant trouvés. Son Altesse Royale fit le discours du refus de la cour de ses députés, ensemble de la lettre qu'il avoitécrite du depuis au Roi'V La Compagnie
Mémoires de Lenel (p. ^75), est appelé « lieutenant, » dans ceux de Retz (tome III, p. 202) et de Richelieu (tome X, p. 288, où le nom est la Roche) « capitaine des gardes de Monsieur le Prince, » successivement du père et du fils ? Nous trouvons son nom écrit de cinq façons diverses : voyez la note 3 de la page citée de Retz.
g. Sur cette seconde marche du duc de Lorraine, voyez les Mémoires, p. 4 2 2 et note 3.
10. Après avoir tenu Montrond bloqué durant tout l'hiver, le comte de Palluau, l'été venu, avait ouvert la tranchée, pris tous les dehors de la place, et réduit les assiégés à parlementer dès le i5 août et à promettre de capituler le i" septembre, s'il ne leur venait pas de secours. On a vu ci-dessus {lettre 2/i, p. 63 et 64, et lettre 26, p. 72) que Condc avait envoyé Briord vers Montrond, avec une troupe de cavalerie ; mais celui-ci trouva les lignes de Palluau si solides et si bien gardées qu'il fut contraint de se retirer. Voyez ci-après, lettre 29, p. 83 ; une lettre de Condé dans les Mémoires de Lenet. p. 563 ; et le livre do M. de Gosnac, à l'endroit cité plus haut, p. 72, note 18.
11. La réponse à cette lettre, dit Retz (tome IV, p. 3o5), (c étoit en substance : qu'il s'étonnoit que M. le duc d'Orléans n'eût pas fait réflexion qu'après l'éloignement de M. le cardinal Mazarin, il n'avoit autre chose à faire, suivant sa parole et sa déclaration, qu'à poser les armes, renoncer à toutes associations et traités, et faire retirer les étrangers : après quoi, ceux qui viendroient de sa part seroient très-bien reçus. » On trouvera le texte de cette réponse du Roi dans la Suite du Journal du Parlement, depuis Pâques i652 jusques en janvier i653, p. i36-i4o.
8o LETTRES.
"TgsV le pria de continuer ses soins pour le bien de l'Etat et conservation de l'autorité royale, comme Elle'^ avoit commencé.
Les paysans de Saint-Gloud et villages voisins étant allés prier Son Altesse d'avoir égard à leurs vendanges, et, pour cet eflet, retirer son armée de ces lieux, Elle la fait décamper '■' et fait marcher du côté de la porte Saint- Antoine'*.
Madame^'^ a été un peu malade ces jours passés; mais elle est beaucoup mieux présentement. La cour est toujours à Compiègne*^
LENET
A Paris, ce 4 septembre lëSa.
Je m'étois imaginé que vous étiez si occupé à recevoir de l'argent que vous n'aviez pas un moment pour donner à vos amis ; mais, par ce que vous me mandez, je
12. Elle, c'est-à-dire « Son Altesse Royale 5 » les genres sont très-négligemment mêlés dans ce passage.
i3. C'est le vendredi 3o août que l'armée décampa : voyez un passage du Journal de Dabaisson-Aubenay cité par M. Chéruel au tome II, p. 1^9, note i, des Mémoires de Mademoiselle.
i4. Ea Rochefoucauld dit, dans ses Mémoires (p. /iaS), que les troupes de Gondé, « en ruinant les environs de Paris, augmentèrent la ha ne qu'on lui portoit. »
i5. Marguerite de Lorraine, femme de Gaston duc d'Orléans.
16. Dans une lettre, portant la même date, Marigny écrit à Lenet : « Je ne manquerai pas de faire vos compliments à l'hôtel de la Rochefoucauld, oîi l'on se porte bien. M. de Marcillac (voyez ci-dessus, lettre 2/1, p. 63, lignes 2-5) ne sera point marqué de sa petite vérole. »
Lettre 28. — Manuscrits de Lenet, tome IX, fol. S/j et 35, de la main du président Viole ; au dos, la mention : « M. de la Rochèfoucault ; » cachets conservés. — Nous avons deux lettres (28 et 29)
LETTRES. 8l
vois que votre occupation ne sera pas longue, contre TesT ]es bruits qui courent ici, qu'il y a des millions'. Je suis bien fâché du méchant procédé de l'Ormée, mais je voudrois bien que vous prissiez la peine de m'écrire les noms de ceux qui y'^ sont mêlés et particulièrement de <îeux du Parlement. Je vous dirai cependant que Son Altesse est toujours à l'armée, au même poste de Suci^, Limé', et autres villages ; car Elle tient un grand pays, à la portée du canon des ennemis. Le duc de Lorraine vient d'arriver^, et Son Altesse a mandé qu'il venoit à Paris dans la meilleure disposition du monde, et qu'on achevât un traité avec lui, qui dépend néanmoins plus de Son Altesse que de personne, puisqu'Elle tient ses places. On ne manque pas, du côté de la cour, de lui otî'rir toutes choses pour le séparer d'avec Son Altesse* ; on y veut aussi engager Son Altesse Royale'', qui paroit ferme et fort attaché à Monsieur le Prince. Enfin tout
du Ix septembre. En y regardant de nouveau, la date de la première nous paraît un peu douteuse : il y a, devant septembre, soit un k, soit deux chiffres lies, qui pourraient être un 2 suivi d'un autre incertain (2 1 ?).
I. Comparez ci-dessus, lettre 20, p. 5i, note 8 ; et p. 62, le commencement de la lettre 21.
a. 11 y a entre y et sont un mot biffé, illisible.
3. Sucy-en-Brie (Seine-et-Oise), arrondissement de Corbeil, à trente-deux kilomètres de Versailles.
4. Ce mot est assez peu lisible dans l'original ; c'est sans doute Limé ou plutôt Limeil-Brevannes, village près de Villeneuve-Saint- Georges, dans le même arrondissement de Corbeil, à trente et un kilomètres de Versailles. On lit à la même date, dans les Mémoires de Mademoiselle (tome II, p. 160) : « Notre armée étoit campée pour lors à Limé et aux villages des environs. »
5. Sur cette seconde arrivée du duc de Lorraine, voyez encore les Mémoires de Mademoiselle, tome II, p. i58 et suivantes, et cidessus, lettre 27, p. 79 et note 9.