‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 64 sur 237 · Voyez les Mémoires de Mademoiselle, tome II, p. i · texte numérisé non relu

Voyez les Mémoires de Mademoiselle, tome II, p. i

11. Sur Alphonse Perez de Vivero, comte de Fuensaldagne, gouverneur des Pays-Bas espagnols, voyez les Mémoires de Retz, tome II, p. 63, note 5. D'après une lettre de Marigny à Lenet (tome VIII des Manuscrits de Lenet, fol. 24 et suivants), Fuensaldagne, pour obliger ',1e duc de Lorraine à marcher, avait été contraint « de faire mettre ses troupes en bataille » et de le menacer d'employer la force ouverte.

12. C'était le capitaine des gardes du duc de la Rochefoucauld. Voyez les Mémoires (p. /(ii et note g), où l'on a imprimé, par erreur, au bout de soixante-dix jourt. Devant blessure est biffé un m ; on avait voulu sans doute écrire maladie.

de trêve il passera pour venir joindre ce qu'a ici Mon- 1552 sieur le Prince. Je ne sais pas encore ce qu'il fera ensuite; pour moi, je crois qu'il sera aisé à Monsieur le Prince de traiter avec lui, car présentement il est tout à fait de l'intérêt d'Espagne de fortifier ce parti. Ils n'ont plus sujet de craindre que cela fasse sortir le Cardinal. Cette affaire a toute la mine de s'engager de façon que la sortie du Mazarin n'aura servi qu'à éterniser la guerre en France; et je suis trompé, ou il y a des gens qui ne tendent qu'à cela. Ceux, qui ont blâmé la négociation sont contents, car je ne pense pas qu'il y en ait'^ aucune : je ne vous en mens point, j'en voudrois bien une qui nous donnât la paix. Je ne daigne pas vous assurer que Diane (la Rochefoucauld) fera son devoir; je pense que vous en êtes bien persuadé ; mais vous le devez être, plus que de toute chose, que personne ne vous honore si parfaitement que moi.

J'ai encore le paquet de Langlade'^; il est allé trouver le Cardinal il y a sept ou huit jours. L'on vient de me donner, dans ce moment, votre lettre du 29 ; je n'ai pas le temps de la lire. Vous jugerez bien que, quoique nous ne demandions qu'une amnistie, nous sommes bien assurés qu'on ne l'accordera pas, à cause du parlement de Pontoise, qui l'a déjà vérifiée''. Avec tout cela, la conduite de la cour est si bonne, que si Monsieur le Prince faisoit un traité avec le duc de Lorraine, comme il le pourroit, l'on pousseroit la cour, et quoi qu'ils voulussent"^, après que nous serions maîtres de la campagne. Monsieur le Prince ne feroit la paix que quand il vou-

i3. Dans l'original, aye. i4- Voyez lettre 22, p. 60 et note i5.

i5. Vérifié, sans accord, dans le manuscrit. — La vérification fut faite le 26 août: voyez les Mémoires de Retz, tome IV, p. 3o6. 16. Dans l'original, veuieussent.

,653 droit, et, éloignant les troupes de Paris et ne lui demandant rien, je répondrois sur ma vie qu'ils'^ ne changeroient pas de parti, et je craindrois même qu'on n'attaquât la Reine en sa personne, tant tout le monde est enragé contre elle de voir que l'on ne demande qu'une amnistie et qu'elle la refuse. Paris a été endiablé ces jours passés ; mais tout cela les a tout à fait remis avec Mgrs les Princes. Je vous supplie de vouloir bien vous charger de faire part de vos nouvelles à Mlle de Fermelis*^, et, quand je lui en écrirai, elle en fera de même'*.

17. Ils, et, cinq lignes plus bas, les, par syllepse, les gens de Paris, les Parisiens : voyez p. 70 et 71, lettre aS, notes 7 et i5.

18. Grande frondeuse, nommée dans les Mazarinades: voyez le Choix de G. Moreaii, tome II, p. 2o4 et p. 218.

19. Rapprochez de cette lettre de la Rochefoucauld ce curieux passage d'une autre lettre, en date du i" septembre i652, adressée par Marigny à Lenet (tome IX, fol. 5 v») : « Vous êtes bien heureux, de ce que vos affaires vont bien en Guyenne ; je trouve les nôtres fort mal ici. Les compagnies souveraines sont lasses de la guerre, les bourgeois enragés contre les soldats, qui, sans mentir, font de grands désordres, et la patience des Parisiens est admirable. Hier, ce peu que nous avons de troupes venant se camper vers le faubourg de Saint-Marceaii, quelques soldats étant entrés dans dos jardins pour y piller des fruits et des citrouilles, les bourgeois du faubourg sonnèrent le tocsin, les chargèrent, et en tuèrent trente ou quarante. Dès le malin, ils avoient tué le timbalier du comte d'Olac, et donné sur une partie de son bagage. Le désespoir du peuple n'est pas moins à craindre que sa légèreté. Hier, Son Altesse Royale alla au Palais avec Monsieur le Prince, et porta la réponse que le Roi lui a" envoyée sur la seconde instance qu'Elle avoit faite pour des passe-ports. Jamais la cour ne fut plus fière ; car, après avoir renvoyé à Monsieur le Prince sa lettre sans la lire, comme la lettre ** d'un criminel, le Roi traite dans sa réponse M. le duc d'Orléans d'/iuomo da poco, de simple et d'idiot, et Monsieur le Prince de scélérat. Enfin, guerra. guerra ! Cependant, je ne vois pas comme nous la ferons, si le duc de Lorraine n'agit de bonne

" Après a, il y a faite, biffé.

'' La lettre, en interligne; un peu après, réponse surcharge le mot lettre.

3o. A LENET, '^^^

A Paris, ce 8 septembre i652.

Il ne faut pas vous étonner si je ne reçois pas vos lettres si tût que les autres, bien que vous les adressiez à M. Gaillet*, parce que, ne me rencontrant pas à la réception du paquet, et ledit S"" Caillet chargé d'autant d'affaires qu'il est, il ne me les envoie pas aussitôt. Il n'est pas présentement à Paris, ayant suivi Son Altesse, qui est à son armée-, et cela est cause que je n'ai pas encore reçu celle que je crois que vous m'écriviez par le dernier ordinaire. On me mande que M. de Guise est arrivé avec une somme considérable^ ; mais je suis assuré qu'elle ne l'est pas au point que vous le desirez et moi aussi, et que ces nouveaux amis ne sont pas si exacts à tenir leur parole, que je ne doute bien fort qu'ils satisfassent, et fournissent tout ce qu'ils doivent. J'espère en apprendre quelque chose par les vôtres. Je vous dirai cependant que Monsieur le Prince est assez satisfait, quant à présent, de M. de Lorraine, qui lui a offert de faire tout ce qu'il desireroit, et qu'il étoit venu pour le servir ; je ne sais pas si cette bonne volonté durera. Ils sont tous deux à l'armée, qui n'est séparée de celle des

foi. » Voyez encore une lettre de l'abbé Viole à Lcnet, en date du 4 septembre 1602, même tome, fol. 82 et 33.

Lettre 3o. — Manuscrits de Lenet, tome IX, fol. 62 et 63, de la main du président Viole ; au dos : « M. de la Rochefoucault. Ordinaire de nuit. » Cachets consenés. En i652, le 9, jour sans doute du départ de la lettre, était le second lundi de septembre.

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