A LENET. i ^5j
A Paris, le 27^ octobre i652.
M. Damville^ étant allé à Limours jeudi- vers Son Altesse Royale, il revint hier au soir avec M. Goulas, et rapportèrent que Monsieur d'Orléans avoit accepté l'amnistie^. Aujourd'hui ledit duc Damville est retourné avec M. le Tellier, pour renouer un traité qu'on croit se
date du 28 octobre (tome X, fol. 100 et loi), sans la mention,
au dos, du nom de la Rochefoucauld, on lit ce qui suit : « Le Roi
tint son lit de justice Qe mardi), et là fut lue l'amnistie. On fit commandement à Mgrs de Rcaufort, de la Rochefoucauld, et Rohan, et autres particulièrement nommés, de sortir de Paris dans le jour. Mgr de la Rochefoucauld fit représenter à la Reine l'état iiucpiel il est, par M. de Turenne ; que, s'il sortoit de Paris, il pertlroit un œil, et hasarderoit même les deux, et que si la Reine lui faisoit la grâce de le laisser à Paris pour se faire traiter, qu'aussitôt qu'il pourroit, il s'en irolt passer l'hiver chez lui pour achever de se guérir, et qu'il n'en partiroit point sans en donner avis à la cour, à M. de Turenne ou à M. de Montausicr, et qu'il leur demanderoit un passe-port pour aller trouver Monseigneur le Prince. La Reine dit qu'elle le vouloit bien, qu'il lui faisoit pitié. Comme les choses parurent aller de mieux en mieux, on vouloit une déclaration de ne plus aller dans le parti de Monseigneur le Prince ; Mgr de la Rochefoucauld s'est encore expliqué, et a dit qu'il donneroit une déclaration qu'il n'entreprendroit rien contre le ser\'ice du Roi, directement ni indirectement, tant qu'il seroit ici ou chez lui, sur sa parole, et jusques à ce qu'il l'eût retirée ; mais que si on lui en demandoit d'autre, on pouvoit bien, sans autre formalité, le mettre dans la Bastille, où il se feroit traiter, ne pouvant en façon du monde prendre la campagne. Je crois
qu'on lui accordera de la façon qu'il le demande »
Lettre 3g. — Manuscrits de Lenet. tome X, fol. ii^, de la main <!'un copiste ; au dos : « M. de la Rochefoucault, » et cette mention : « M. Lenet n'a point reçu d'autres nouvelles que cette-ci qu'il envoyé à M. de Marchin. »