AO. AU COMTE DE MARCHIN
mes gardes, et d'avoir soin de ma bonne renommée à Bordeaux. J'ai quasi envie de les prier', une fois pour toutes, de se mettre l'esprit en repos sur mon sujet et de les assurer que quand je ne ferois pas mon devoir par principe d'honneur, je le ferai toujours assurément pour ne leur donner pas le plaisir de m'y voir manquer. Adieu.
Je suis entièrement à vous. Je vous supplie de faire voir ma lettre à M. Lenet^.
La Rochefoucauld.
Suscription : A Monsieur Monsieur le comte de Marchin.
de Lenei (p. 58o et 58 1), comme étant de la Rochefoucauld ; mais elles ne portent aucune mention indiquant qu'elles aient, été écrites par Gourville expressément au nom du duc, et d'ailleurs les détails qu'elles contiennent se trouvent reproduits dans une lettre autographe (n" 4i), que nous donnons ci-après.
Lettre ^o. — Manuscrits de Lenet. tome XXIV, fol. 282, autographe ; au dos : « M. de la Rochefoucault ; » cachets conservés. Il ne reste que ce fragment de la lettre, qui a été écrite évidemment à la fin de 1602, puisqu'il y est fait allusion aux mauvais bruits qu'on semait à Bordeaux sur le compte du duc ; elle est au reste expliquée par la suivante.
1 . Les prier, en interligne, au-dessus de leur déclarer, biffé.
2. Cette fin : « Je suis entièrement, etc., » est ajoutée au haut de la page, à contre-sens du reste de l'écriture.
LETTRES. Il3
/jl . A LENET. 1602
Ce II""* novembre [i652], à Baigneux'.
Je ne vous puis dire présentement autre chose sur la justice que j'apprends tous les jours qu'on me rend à Bordeaux", si ce n'est qu'ayant sujet d'en croire M. Sarazin^ l'auteur, je vous assure qu'une paire d'étrivières m'en feront un jour raison, et je veux que vous m'en fassiez* reproche, si je ne lui tiens parole. On me chassa hier de Paris ^, et je ne sais pour^ combien de temps j'aurai sûreté ici. L'état où je suis est assez embarrassant :
Lettre ^i. — Manuscrits de Lenet, tome X, foL i84 et i85, autographe ; rien au dos. Elle a été reproduite dans la 3* partie des Mémoires de Lenet, p. 58a, où la date est suivie des mots : « à Beaugency, » au lieu de : « à Baigneux. »
I. Bagneuï, commune du département de la Seine, à huit kilomètres de Paris et à deux de Sceaux. Voyez ci-dessus les dernières lignes de la note de la page m; et ci-après, lettre 42, p. 116.
a. Voyez les lettres 35, 36 et Ixo.
3. Voyez Yappendice i, p. 268 et note 11. — Jean-François Sarasin, né en i6o4, à Hermanville. près de Caen, disciple de Voiture, ami de Mlle de Scudéry, secrétaire des commandements du prince de Conty. Voyez la notice que lui a consacrée M. C. Hippeau dans ses Écriuains normands au XVII^ siècle, 1837, in-12, p. i53. — Marigny et lui étaient les principaux personnages de la petite cour du frère de Gondé à Bordeaux ; mais, à la suite d'une querelle, les deux lettrés se brouillèrent. Mme de Longueville prit parti contre Marigny, qui quitta la place, et ne négligea rien, une fois de retour à Paris, pour exciter contre Sarasin et sa protectrice les rancunes de la Rochefoucauld : voyez Madame de Longueville pendant la Fronde, p. 297 et 298. Ce fut Sarasin qui, en i653, vint négocier à Paris le mariage du prince de Conty avec une des nièces de Mazarin. Il mourut à Pézenas, le 5 décembre i654- Sur lui et sur ses œu>Tes littéraires, voyez encore V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle, tome II, p. 192-196, et Appendice, p. 365-390. Retz dit dans ses Mémoires (tome II, p. ^99) que c'est lui qui donna Sarasin pour secrétaire au prince de Conty.