CXV1II
L'intention de ne jamais tromper nous expose à être souvent trompés2, (éd. i.)
Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres, qu'enfin :î nous nous déguisons à nous-mêmes.
(ÉD. I*
et don Luis de Haro disait de lui : « Il a un grand défaut en politique, c'est qu'il veut toujours tromper. » — Vauvenargues pensait comme le ministre espagnol (variante à la maxime 276, Œuvres, p. 4n) : « Ceux qui veulent toujours tromper, ne trompent point; » et la Rochefoucauld en convient lui-même, non-seulement dans la présente maxime, mais dans ses Mémoires (vers la fin), où il la répète : « On n'est jamais si facile à être surpris que quand on songe trop à tromper les autres. » — Mme de Sablé (maxime 4) : « Il est quelquefois bien utile de feindre que l'on est trompé — » — La Bruyère (de la Société et de la Conversation, n° 58, tome I, p. 235) : « Vous le croyez votre dupe : s'il feint de l'être, qui est plus dupe de lui ou de vous? »
— C'est la politique que le cardinal de Retz (voyez ses Mémoires passim) pratiquait à l'égard de Gaston d'Orléans ; pour gouverner ce prince, il fallait se mettre à sa suite, et paraître dupe de ses finesses ; le Cardinal, aussi souple qu'impétueux, n'y manqua jamais. — Voyez les maximes 127, 199 et 2^5.