SUR LE TOME I
Ce premier tome contient les Œuvres morales du duc de la Rochefoucauld, c'est-à-dire celles qui, à juste titre, ont ajouté à la gloire de l'illustre nom qu'il portait. Outre quelques morceaux accessoires qui les précèdent, elles se composent des Réflexions ou Sentences et Maximes morales-, et des pensées intitulées Réflexions diverses3. La Notice bibliographique, et les Notices particulières que l'on trouvera dans le courant de ce volume me dispensent d'un long Avertissement ; il me suffira de résumer ces dernières pour rendre compte au public de mon travail.
Le recueil des Maximes est le seul ouvrage que la Rochefoucauld ait publié lui-même, et cinq éditions en ont paru de son vivant. J'ai suivi le texte de la dernière, celle de 1678, comme étant l'expression définitive de la pensée de l'auteur, mais j'ai joint à ce texte, dans les notes, les nombreuses variantes qui s'y rapportent, et qui sont puisées à diverses sources, le Manuscrit de la Rocheguyon, les papiers de Mme de Sablé, connus sous le nom de Portefeuilles de Vallant, et les quatre
I. Le tome suivant sera précédé d'un Avertissement particulier.
1. Tel est le titre donné par l'auteur lui-même à son livre. — Voyez la note 3 de la page a5.
3. C'est ainsi que tous les éditeurs désignent ces morceaux, qui sont posthumes, et que l'auteur n'avait pas réunis sous un titre commun La Rochefoucauld, i a
n AVERTISSEMENT
premières éditions des Maximes (i665, 1666, 1671 et 1675) '.
A la suite de cette série principale se plaçaient naturellement les Maximes posthumes, c'est-à-dire celles qui, comme le mot l'indique, n'ont paru qu'après la mort de l'auteur ; dans les éditions précédentes, elles étaient au nombre de vingt-huit ; j'ai pu les augmenter de trente autres, tirées du Manuscrit et des Portefeuilles ci-dessus mentionnés 2.
Enfin il est un certain nombre de pensées que la Rochefoucauld a successivement éliminées de son œuvre ; sous le titre de Maximes supprimées , je les ai recueillies avec autant de soin qu'il m'a été possible, ne laissant de côté que celles qui, à titre de variantes, avaient déjà trouvé place dans les notes des Maximes définitives de l'auteur3.
Ces trois séries forment un total de six cent quarante et une maximes, c'est-à-dire un relevé complet, le plus complet qui ait été donné jusqu'à présent, déduction faite des simples variantes, qu'on a trop souvent réimprimées comme pensées distinctes. Pour les deux dernières de ces trois séries, j'ai adopté un caractère d'imprimerie différent, mais un numérotage continu, m'étant bien trouvé de cette disposition dans une édition que j'ai publiée d'un autre moraliste, \auvenargues\
1 . La Notice bibliographique donnera la description de ce manuscrit, de ces portefeuilles, en tant qu'ils ont rapport aux Maximes, et de ces éditions.
2. Pour de plus amples détails, voyez la Notice des Maximes posthumes, p. 219-222.