Voyez la maxime i
Je ne prétends pas, par ce que je dis, nous renfermer tellement en nous-mêmes, que nous n'ayons pas la liberté de suivre des exemples, et de joindre à nous des qualités utiles ou nécessaires que la nature ne nous a pas données : les arts et les sciences conviennent à la plupart de ceux qui s'en rendent capables ; la bonne grâce et la politesse conviennent à tout le monde ; mais ces qualités acquises doivent avoir un certain rapport et une certaine union avec nos qualités naturelles, qui les étendent et les augmentent imperceptiblement '.
Nous sommes quelquefois élevés à un rang et à des dignités qui sont au-dessus de nous2 ; nous sommes souvent engagés dans une profession nouvelle où la nature ne nous avoit pas destinés : tous ces états ont chacun un air qui leur convient, mais qui ne convient pas toujours avec notre air naturel ; ce changement de notre fortune change souvent notre air et nos manières, et y ajoute l'air de la dignité, qui est toujours faux quand il est trop marqué3 et qu'il n'est pas joint et confondu avec l'air que la nature nous a donné : il faut les unir et les mêler ensemble, et qu'ils ne paroissent jamais séparés4.
On ne parle pas de toutes choses sur un même ton et avec les mêmes manières ; on ne marche pas à la tête
i. L'édit on de 1781 et les suivantes terminent ainsi cette phrase : « et une certaine union avec nos propres qualités, qui les étend et les augmente (dans le texte de Duplessis : « étendent » et « augmentent ») imperceptiblement. » A la phrase suivante, elles omettent, dans le premier membre, quelquejois et qui sont. — Voyez la maxime 365.