‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 260 sur 469 · Voyez la maxime 255, et la 3e des Réflexions diverses · texte numérisé non relu

Voyez la maxime 255, et la 3e des Réflexions diverses

5. « Il y a un silence éloquent qui sert à approuver et à condamner ; il Y a un silence de discrétion et de respect ; il y a enfin des tons, des airs et des manières qui font tout ce qu'il y a d'agréable ou de désagréable, de délicat ou de choquant dans la conversation ; mais le secret de s'en bien servir est donné à peu de personnes ; ceux mêmes qui en font des règles s'y méprennent souvent, et la plus sûre qu'on en puisse donner, c'est écouter beaucoup, parler peu, et ne rien dire dont on puisse avoir sujet de se repentir. » (Edition de Brotier.) — Nous aurions voulu rapprocher de cette remarquable Réflexion de la Rochefoucauld les idées fort voisines de Charron et de la Bruyère

sincérité est une ouverture de cœur1, qui nous montre tels que nous sommes ; c'est un amour de la vérité, une répugnance à se déguiser, un désir de se dédommager de ses défauts, et de les diminuer même par le mérite de les avouer2. La confiance ne nous laisse pas tant de liberté ; ses règles sont plus étroites ; elle demande plus de prudence et de retenue, et nous ne sommes pas toujours libres d'en disposer ; il ne s'agit pas de nous uniquement, et nos intérêts sont mêlés d'ordinaire avec les intérêts des autres. Elle a besoin d'une grande justesse pour ne livrer pas3 nos amis en nous livrant nous-mêmes, et pour ne faire pas des présents de leur bien, dans la vue d'augmenter le prix de ce que nous donnons.

La confiance plaît toujours à celui qui la reçoit : c'est un tribut que nous payons à son mérite ; c'est un dépôt que l'on commet à sa foi* ; ce sont des gages qui lui donsur le même sujet ; mais les citations à faire seraient trop longues, il faut nous contenter de renvoyer le lecteur au livre II, chapitre ix, de la Sagesse, intitulé Se bien comporter auec aultruy, et au chapitre des Caractères intitulé de la Société et de la Conversation.

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