‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 68 sur 469 · SUR LE TITRE DE COUSIN ET LE TABOURET · texte numérisé non relu

SUR LE TITRE DE COUSIN ET LE TABOURET

(Extrait d'un mémoire de d'Hozier.)

« Les ducs de la Rochefoucauld sont traités de cousins par rapport à leur dignité1, depuis 1G23 que le comté de la Rochefoucauld fut érigé en duché ; mais je ne crois pas que les princes de Marcillac, fils aines des ducs de la Rochefoucauld, aient aucun titre, ni même d'anciens exemples d'avoir été traités de cousins.

« La terre de Marcillac érigée en principauté ne donne aucune prérogative à son possesseur, et il y a plus d'apparence qu'en dressant quelque expédition pour les princes de Marcillac, on se sera servi pour modèle de celles faites pour les ducs leurs pères, et que la qualité de cousin s'y sera glissée. Le père de M. le duc de la Rochefoucauld d'aujourd'hui2, n'étant que prince de Marcillac, fut fait gouverneur de Poitou en 16^6, et dans les provisions il est traité de cousin. Son père avoit eu le même gouvernement.

« Le même prince de Marcillac se trouva engagé dans la rébellion des Parisiens, l'an iô^Q, et le prince de Conty, qui étoit à la tête de ce parti, demanda, dans ses propositions de paix, de procurer les honneurs du Louvre au prince de Marcillac, et le tabouret à sa femme. Après que le Roi eut accordé à la noblesse la révocation des rang et prérogatives extraordinaires, et avant que les nouveaux brevets donnés aux maisons de Rohan et de Bouillon eussent éclaté, Sa Majesté accorda, le 10 novembre 16^9, un brevet au prince de Marcillac pour l'assurer qu'aucune personne de sa naissance, rang et condition, ne seroit honorée du tabouret, que la même grâce ne lui fût accordée, comme au fils aîné de la maison de la Rochefoucauld, pour la princesse de Marcillac, sa femme. 11 se trouva depuis fortement engagé dans le parti de M. le prince de Condé, à la seconde guerre de Paris, sous le nom de duc de la Rochefoucauld, son père étant mort au mois de février i65i (lisez i65o). Monsieur le Prince demanda pour lui, dans les propositions de paix qu'il donna à la cour l'an i65i, qu'on lui accordât un pareil brevet à celui de MM. de Bouillon et de Guémené, avec le gouvernement (i'Angoumois et Xaintonge, cent vingt mille livres d'argent, et permission de vendre ce gouvernement ; mais ces propositions ne furent pas acceptées.

1. Nous avons vu plus haut (p. m et note i)les aînés de la famille traités de cousins par les rois, lorsqu'ils n'étaient encore que comtes, donc sans rapport à leur « dignité, » par laquelle d'Hozier, on le voit, entend ici le titre de duc.

2. Le Mémoire est daté de 1696. « Le duc d'aujourd'hui » est donc François VIII, mort en 1714, fils de notre auteur.

c APPENDICES

« Le brevet du 10 novembre 16^9 a été le prétexte sur lequel M. le duc de la Rochefoucauld obtint, en 1679, l'érection de la Roche-Guyon en duché pour son fils aîné, pour lui procurer et à Madame sa femme les honneurs du Louvre. Ce fut aussi sur même prétexte qu'il s'opposa aux demandes que M. de Luxembourg fit au Roi, en i685, des honneurs du Louvre pour ses enfants, comme issus de l'héritière de la maison souveraine de Luxembourg. »

(Mémoires sur les honneurs dont jouissent chez le Roi les princes, ducs etpairs, ducs non pairs, officiers de la couronne et autres seigneurs — « Je l'ai fait, dit d'Hozier, pour Mgr de Pontchartrain, en 1696, depuis chancelier de France. » — Ms. Clairambault 721, p. 5io et 5n.)

En i557, la maison de la Rochefoucauld contracta une étroite alliance avec une branche de la maison de Rourbon. François III, le bisaïeul de l'auteur des Maximes, épousa, cette année, Charlotte de Roye, dont la sœur aînée, Éléonore, avait épousé, en i55i, Louis I, prince de Condé, bisaïeul du grand Condé. Henri IV, et François IV, traité par le roi de Navarre de parent et de cousin dans ses lettres, nommaient donc tous deux Louis I leur oncle, l'un oncle paternel, l'autre oncle par alliance, et François VI était cousin de Louis II, le grand Condé, au troisième degré.

La Gazette du 5 janvier 16^7 (p. lit) nomme François V, le premier après le duc d'Angoulême, parmi les parents qui reçoivent le duc d'Enghien quand celui-ci vient, le 3o décembre 16/16, jeter, de la part du Roi, de l'eau bénite sur l'effigie de Henri II, prince de Condé, son grand-père.

(Voyez p. iv.)

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