‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 204 sur 265 · PRECIS DE L'HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

PRECIS DE L'HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE

Muiti pertransibunt, et augebitur scientia. Bacon.

Nous venons d'exposer les principaux résultats du système du monde, suivant l'ordre analytique le plus direct et le plus simple. Nous avons d'abord considéré les apparences des mouvements célestes, et leur comparaison nous a conduits aux mouvements réels qui les produisent. Pour nous élever au principe régulateur de ces mouvements, il fallait connaiti^e les lois du mouvement de la matière, et nous les avons développées avec étendue. En les appliquant ensuite aux corps du système solaire, nous avons reconnu qu'il existe entre eux et même entre leurs plus petites molécules une attraction proportionnelle aux masses et réciproque au carré des distances. Descendant enfin de cette force universelle à ses effets, nous en avons vu naître non-seulement tous les phénomènes connus ou simplement entrevus par les astronomes, mais encore un grand nombre d'autres entièrement nouveaux, et que l'observation a vérifiés.

Ce n'est pas ainsi que l'esprit humain est parvenu à ces découvertes. L'ordre précédent suppose que l'on a sous les yeux l'ensemble des observations anciennes et modernes, et que pour les comparer et pour en déduire les lois des mouvements célestes et les causes de leurs inégalités, on fait usage de toutes les ressources

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que présentent aujourd'hui l'analyse et la mécanique. Mais ces deux branches de nos connaissances s étant perfectionnées successivement avec l'astronomie, leur état, à ses diverses époques, a nécessairement influé sur les théories astronomiques. Plusieurs hypothèses ont été généralement admises, quoique directement contraires aux lois fondamentales de la mécanique, que l'on ne connaissait pas encore ; et dans cette ignorance on a élevé contre le vrai système du monde, qui perçait de toutes parts dans les phénomènes, des difficultés qui l'ont fait pendant longtemps méconnaître. Ainsi, la marche de l'astronomie à été embarrassée, incertaine; et les vérités dont elle s'est enrichie ont été souvent alliées à des erreurs que le temps, l'obsei'vation et le progrès des sciences accessoires en ont séparées. Nous allons ici donner un précis de son histoire : on y verra l'astronomie rester un grand nombre de siècles dans l'enfance, en sortir et s'accroître dans l'école d'Alexandrie, stationnaire ensuite, jusqu'au temps des Arabes, se perfectionner par leurs travaux; enfin , abandonnant l'Afirique et l'Asie, où elle avait pris naissance, se fixer en Europe et s'élever en moins de trois siècles à la hauteur où elle est maintenant parvenue. Ce tableau des progrès de la plus sublime des sciences naturelles fera pardonner à l'esprit humain l'astrologie qui, dès la plus haute antiquité, s'était partout emparée de la faiblesse des hommes, mais que ces progrès ont fait pour toujours disparaître.

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