‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 212 sur 265 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

de cet astre et celles du soleil un accord fondé sur des périodes qui renfermassent des nombres entiers de ces révolutions. La plus simple est celle de dix-neuf ans; Méton établit donc un cycle de dix-neuf années lunaires, dont douze étaient communes ou de douze mois; les sept autres en avaient treize. Ces mois étaient inégaux et ordonnés de manière que, sur les deux cent trentecinq mois du cycle, cent dix étaient de vingt-neuf jours et cent vingt-cinq de trente jours. Cet arrangement, proposé par Méton à la Grèce assemblée dans les jeux olympiques, fut reçu avec un applaudissement universel et unanimement adopté. Mais on ne tarda pas à s'apercevoir qu'à la fin d'une période le nouveau calendrier retardait d'environ un quart de jour sur la nouvelle lune. Calippe proposa de quadrupler le cycle de dix-neuf ans et d'en former une période de soixante et seize ans, à la fin de laquelle on retrancherait un jour. Cette période fut nommée Calippique, du nom de son auteur; quoique moins ancienne que le saros des Chaldéens, elle lui est inférieure pour l'exactitude.

Vers le temps d'Alexandre, Pythéas illusti*a Marseille, sa patrie, comme géographe et comme astronome. On lui doit une observation de la longueur méridienne du gnomon , au solstice d'été dans cette ville : c'est la plus ancienne observation de ce genre après celle de Tcheou-kong. Elle est précieuse en ce qu'elle confirme la diminution successive de l'obliquité de l'édiptique. On doit regretter que les anciens astronomes n'aient pas fait un plus grand usage du gnomon, qui comporte bien plus d'exactitude que leurs armilles. En prenant quelques précautions faciles pour nivder la surface sur laquelle l'ombre se projette, ils auraient pu nous laisser, sur les déclinaisons du soleil et de la lune, des observations qui seraient maintenant fort utiles.

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