DE JUPITER ET DE SES SATELLITES
Jupiter se meut d'occident en orient, dans une période de 433qJ,6 à fort peu près : la durée de sa révolution synodique est d'environ SggJ. Il est assujetti à des inégalités semblables à celles de Mars. Avant l'opposition de la planète au soleil, et lorsqu'elle est à peu près éloignée de cet astre de cent vingt-huit degrés, son mouvement devient rétrograde : il augmente de vitesse jusqu'au moment de l'opposition, se ralentit ensuite, devient nul, et reprend l'état direct lorsque la planète, en se rapprochant du soleil, n'en est plus distante que de cent vingt-huit degrés. La durée de ce mouvement rétrograde est de cent vingt et un jours, et l'arc de rétrogradation est de onze degrés ; mais il y a des différences sensibles dans l'étendue et dans la durée des diverses rétrogradations de Jupiter. Le mouvement de cette planète n'a pas exactement lieu dans le plan de l'écliptique; elle s'en écarte quelquefois de trois ou quatre degrés.
On remarque à la surface de Jupiter plusieurs bandes obscures, sensiblement parallèles entre elles et à l'écliptique : on y observe encore d'autres taches dont le mouvement a fait connaître la rotation de cette planète, d'occident en orient, sur un axe presque perpendiculaire à l'écliptique, et dans une période de 0^,41877. Les variations de quelques-unes de ces taches , et les différences sensibles dans les durées de la rotation conclue de leurs mouvements , donnent lieu de croire qu'elles ne sont point adhérentes à Jupiter : elles paraissent être autant de nuages que les vents
transportent avec différentes vitesses dans une atmosphère trèsagitée.
Jupiter est, après Vénus, la plus brillante des planètes; quelquefois même il la surpasse en clarté. Son diamètre apparent est le plus grand qu'il est possible, dans les oppositions où il s'élève à l4l^6; sa grandeur moyenne est de ll3^4 dans le sens de féquateur ; mais il n'est pas égal dans tous les sens. La planète est sensiblement aplatie à ses pôles de rotation , et M. Arago a trouvé, par des mesures très-précises, que son diamètre dans le sens des pôles est à celui de son équateur, à fort peu près, dans le rapport de 167 à 177.
On observe autour de Jupiter quatre petits astres qui raccompagnent sans cesse. Leur configuration change à tout moment : ils oscillent de chaque côté de la planète, et c'est par fétendue entière des oscillations, que l'on détermine leur rang, en nommant premier satellite celui dont l'oscillation est la moins étendue. On les voit quelquefois passer sur le disque de Jupiter, et y projeter leur ombre, qui décrit alors une corde de ce disque ; Jupiteiet ses satellites sont donc des corps opaques, éclairés par le soleil. En s interposant entre le soleil et Jupiter, les satellites forment, par leurs ombres sur cette planète , de véritables éclipses de soleil , parfaitement semblables à celles que la lune produit sur La terre.
L'ombre que Jupiter projette derrière lui relativement au soleil donne l'explication d'un autre phénomène que les satellites nous présentent. On les voit souvent disparaître , quoique loin encore du disque de la planète : le troisième et le quatrième reparaissent quelquefois du même côté de ce disque. Ces disparitions sont entièrement semblables aux éclipses de lune, et les circonstances qui les accompagnent ne laissent à cet égard aucun doute. On voit toujours les satellites disparaître du côté du disque de Jupiter opposé au soleil , et par conséquent du même côté que