LIVRE III, CHAP. Vit aot
suivoieot. 1!$. allèrent d'abord où ils s'aperçurent que les sujets de Galafrou étoient le plus en déroute; ils chargèrent les Tartares qui les poursuivoient , et de leurs premiers coups ils ralentirent l'ardeur qui les animoit. Brandimart et ses compagnons achevèr«nt de rétablir le combat, ou, pour mieux dire, de culbuter leurs ennemis.
Alors on vit les vainqueurs renversés à leur tour. Les rois Saritron, Polifeme, Uldan et Pandragoo accourui'ent pour les soutenir; mais tous leurs efforts ne furent pas d'un grand secours, Roland, de deux coups consécutifs, fendit Pandragon jusqu'à la ceinture, et renversa très rudement le brave Saritron, roi des Kéraites. Sacripaot blessa Uldan, roi de Caracorom , à l'épaule; et Brandimart coupa la tête au roi Polifeme. Ce début arrêta les peuples du Cathay qui fuyoient, et fît passer à leurs ennemis l'effroi qui gla^-oit leurs cœurs : ce qui acheva de les rassurer fut la mort du monstrueux Âr gante.
Cet énorme géant avoit rencontré Galafron dans la mêlée; il avoit saisi son cheval par la bride, et il l'emmenoit prisonnier dans le camp tartare , lorsque le comte d'Angers reconnut le père d'Angélique, à ta couronne d'or qu'il portoit sur son casque. Le paladin, à cette vue, s'enflamma de courroux; il poussa Bridedor sur le géant, et lui coupa desonépéelebras, qui tenoit la bride du cheval ; mais la terrible Durandal, ne trouvant pas assez de résistance à ce bras, abattit la tête du cheval de Galafron , et l'animal , tombant mort, ren>versa son maître. Koland redoubla , et d'un coup' de pointe perça les entrailles d'Argante de part en part ; iii
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36a ROLAND L'AMOUREUX,
alla relever ensuite le roi du Catliay, et le remonta sur on puissant coursier qu'il ôta sur-le-champ à bd chevalier tartare , dont i) fracassa b cervelle d'un coup de poing.
Seigneur, dit le paladin à Galafron, en lui présentant le cheval , recevez ce service d'un des plus zélés défenseurs d'Angélique. Fameux guerrier, répondit le roi, recevez vous-même nos actions de. grâces pour vos hauts faits : si nous avions encore un chevalier conune vous, noua serions bientôt sans ennemis. Roland, après avoir répondu à ce discours par une profonde inclination de tète , laissa le roi du Cathay au milieu d'un assez grand nombre de ses sujets qui s'étoient rassemblés autour de lui après la mort d'Argante, et alla combattre ailleurs.
Dans ce même temps, le roi d'Altin, dont les troupea étoient incorporées dans l'armée des Indiens, ne voyant plus ces derniers poursuivis, les rassembloit pour aller rejoindre leurs alliés, dont les affaires venoient de changer de face. Les Tartares, déjà mis en désordre par Sacripant, Brandimart, et par les autres chevaliers d'Angélique , ne purent soutenir l'effort de ces nouveaux ennemis ; ils reculèrent , et commencèrent à gagner leur Gtmp. Quelle fut la surprise de l'empereur quand il vit ce changement, et qu'il apprit ce qui lecausoit? Impatient de joindre le comte, dont il brûloit de se venger, il rassembla au plus tôt tout ce qu'il put trouver de Tartares, et, suivi de Torinde avec ses Carismiens, il s'avança vers les défenseurs d'Albraque.
Les Indiens furent les premières victimes de sa fureur : Marquinor, roi d*Altin,avec cinq ou six de leurs
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