CHAPITRE XX
De la nouvelle trahison. d'Origile, et de ce qui s'ensuivit.
OaiGiLE, qui, par la fuite des satellites de Varillard, avoit jugé de ce qui s'étoit passé dans la tour, y entra, et arriva dans le temps que Roland et Brandimart faisoient mettre les prisonniers en liberté. Elle avoit été présente à tout le récit du geôlier, et agréablement surprise d'avoir entendu parler de Grifon, qu'elle aimoit toujours éperdument. Après le vol de Bridedor, elle avoit couru à toute bride sur le chemin de Bizuth , croyant y rencontrer encore ce jeune chevalier. Comme elle n'osoit paroltre dans cette ville , elle y ht faire une exacte perquisition des deux fils d'Olivier, par un^
Koland l'Ai
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4i4 BOLAND L-AHOUREUX.
femme cliez qui elle se tînt cachée, et qui l'avoit servie dans ses Amours; mais elle eut beau demeurer à Bizuth pendant les quinze jours que Boland avoit prescrite à ses amis, elle n'apprit aucune nouvelle de Grifon. Elle perdit toute espérance de le revoir; et, sortant de hi- ZHtli, oii elle avoit lout à craindre si elle y étoil reconnue, elle prit par hasard la route de l'île où le comte d'Angers et Braudimart la rencontrèrent. Sur le récit dn geôlier, l'espérance élt>il rmtrée daïfs sOn cœur, et changeant le éessein qu'elle avoit prît de s'éloigner de Roland en c^ui de le suivre à la cour d'Éluih^ elle nontasar lechevaldece paladin, qui reprit ^idedor, et raccompagna de même que Brandimart.
Après quelques jours de marche, ils arrivèrent tous trois à Éluth. Les deux chevaliers ne jugèrent point à propos de se présenter d'abord devant le roi Monodant. Ils voulurent auparavant concerter ensemble de quelle manière ils se conduiroient dans leur entreprise. Ils allèrent loger à la première liàterieriè, où ils se gardèrent bien de dire leurs noms, de peur que le roi ne sût leur -arrivée; mais la perfide Ori^le les tralvit. Elle se déroba d'eVix le lendemain, et se rendit âU palais, ob elle fit tant d'instance pour parler au toî, qu'elle fut introduite dans la salle oit ce monarque tenoit ses iatidiénces. Elle s'spprocha de son trôfte, A se mettant à genoux : Seigneur, -dit^llè, tromiAe je m'intéresse au boViheUr de votre rl^oe ïft à la sàti^acXion de votre nu^slé , je crois devoir vous donner wn avis important : Je suis Venueà Éluth avecdeùx'chevaifersfïui'ont privé de la Vie le géant Varttlard, 'qiïe vôUs aviez cmmh à la ^arde du pont de 111e; Wais, ghind roi, pour ré-
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