CHAPITRE XXIV
Jveature de Renaud et de DudoHy et de quelle .tnataère ils Jurent séparés duj>rmce Astolphe.
Les paladins Renaud, Astolphe et Dudon s'étant mis en chemin avec Irolde et Prasilde , le saigneurde Montauban représenta aux deux chevaliers de Baie qu'il ne pouvoit souffrir, sans abuser de leur amitié, qo'tb l'accompagnassent plus long-temps; qu'ils Uisspîent, par leur absence, la belle.ThîsbIne en proie aux ennuis les, plus cuisants; et qu'enlin, puisqu'il étoit avec les pal^ïne Astolphe etDodon, il n'avoit plus besoin de leiu: secours. Irolde et Prasilde persistoi«it à vouloir Aller avec ilui. jusqu'à la cour.de Cliarles; mais il s'y opposa. L'Anglois et Dudon se joignirent à Renaud, et 6r<ent si Men, que les chevaliers persans s'en retournèrent à Baie.
Après!, cette séparation, les paladins suivirent la l^ande route d'Astraoan. Le troisième jour de leur marche , ils virent venir vers eux un chevalier armé de toutes pièces, A mesure qu'il s'approchoit, le fils d'AymoD, qui te oonsidéroit attentivement , cnitrecoDnoître iRabican dans le. cheval qu'il montoit. Astolphe s!imagina la même chose ; et , lorsqu'ils virent de plus près le coursier, ik s'aperçurent qu'ils ne s'étoient pas ViHupéB. Qu'urez^vOQS césolu de faire, dit Renaud au prince anglois? Je veux réclamer Rabican , répondit
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Astolphe , puisque vous m'en avez fait présent ; et , si \e dievalier qui le monte refuse de l'accorder à ma prière, je l'obligerai par force À me te céder. Allez donc exécuter votre résolution, reprît en riant Renaud : car ce seroit dommage de perdre une seconde fois cet excellent cheval, puisque nous trouvons une occasion si favorable de le recouvrer.
Le Bis d'Othon avoit trop bonne opinion de sa valeur, pour se le faire dire deux fois. Il s'adressa au chevalier qui passoit alors auprès d'eux, et lui dit : SeignetU" chevalier, l'honneur m'engage à vous apprendre que le coursier sur lequel vous êtes m'appartient. Je vous prie de me le rendre, et par cette action de justice vous nous épargnerez un combat que je serois fâché d'avoir contre vous. Je pourrois vous satisfaire, répondit le chevalier, si quelque autre que vous m'assuroit oe que vous me dites.; mais que sur votre seul témoignage j'aie la fiicitité de vous céder te meilleur cheval de l'univers , je n'en ferai rien. Ce seroit une crédulité qu'on pourroit me reprocher. Voyons donc par les armes, répliqua l'Anglois, à qui de nous deux ce bon cheval restera; car je ne suis pas d'humeur à vous le laisser tranquillement, après vousav(Hr fait connoître qu'il est à moi.
Les deux chevaliers s'éloignèrent pour prendre du champ, et revinrent l'un sur l'autre les lances baissées. L'inconnu qui montoit Rabican étcnt un des plus redoutables guerriers de l'Asie; mais ni sot extrême force ni la vitesse du coursier ne purent le garantir du sort qu'avoient tous ceux que toucboît la lance d'or. Elle le jeta par terre, et Rabican fournit sa carrière à
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