LIVRE I, GHAP. VIII
ce Le stratagème fut approuvé, el Apollon voolut luimême s'employer à le faire réussir : il descendit sur la terre avec le déplaisir déguisé; il trouva les femmes et les hommes en armes auprès du plaisir, pour le défendre envers et contre tous : il leur fascina les yeux, et fit aisément l'échange qu'il avoit dessein de faire; après quoi il retourna vers les immortels pour rire ave^c eux de Terreur où il venoit de jeter les humains, qui depuis ce temps-là, croyant avoir encore le dieu du plaisir, sacrifient à son frère sans le connoître. »
Cette fable fut applaudie du bachelier, qui convint, avec l'ecclésiastique qui venoit de la cont^, qu'effectivement les plaisirs de la vie nous séduisent par de belles apparences sans avoir aucune réalité. Hélas 1* disois-je en moi-même pendant qu'ils raisonnoient làdessus, cela n'est que trop véritable. Quand je me suis mis en tête de voyager, je-me faomois vue idée char» wofxle de mon voyage, je me repaia&ois l'esprit de mille agréables images dont je ne connois déjà que trop 1^1 faussQté. Après que les ecclésiastiques eurent assez long-temps moralisé sui' cette matière, le bachelier dit à son Q»mpagnon : Pouf égayer i|n psu l'entretien, et nous désennuyer sur la route, je vais, si vous voule« bien me le permettre, vou$ raconter une histoire du temps de nos guerres avec les Maures. L'autre ecclésiastique parut curiewiL de l'entendre, et, autant qu'il m*en peut souvenir, le bachelier en fit le récit à peu près de cette manière.
ja GUZMAN D'ALFARACHE.