CHAPITRE IL
// se dégoûte de sa condition , abandonne Vhôte et rhô» tellerie y et se rend a Madrid y ou il s* associe avec des giieux.
Outre que j 'Pavois l'esprit trop volage pour aimer long-temps la même vie , je ne trouvois pas celle que je menois convenable à un homme qui n'étoit sorti de la maison maternelle que pour voir le monde. De plus , un valet d'hôtellerie me paroissoit au-dessous même d'un valet d'aveugle. D'ailleurs, il passoit tous les jours devant notre porte des garçons de ma taille et de mon âge; ils demandoient la passade, puis ils continuoient leur chemin d'un air gai. Cela me fit honte un jour. Comment, disois-je, faudra-t-il donc que la crainte de manquer de pain me retienne ici toujours , pendant que ces jeunes gens, qui n'ont pas plus de force que moi, s'exposent courageusement à souffrir la faim et