‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 86 sur 328 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

// s^ engage au sen^ice d*un cuisinier.

J'étois fort satisfait de ce nouveau genre de vie; je jouissois de la liberté si désirée de tant de monde , si vantée par les philosophes et tant de fois chantée par les poètes; je possédois ce précieux trésor qui est préférable à l'or et à l'argent; mais, par malheur, je ne le conservai pas long-temps ; un traître de cuisinier me l'enleva bientôt. Ce cuisinier étoit de mes chalands; il m'a voit souvent employé. Mon ami, me dit-il un jour, tu m'as plu, je veux faire ta fortune; quitte la fainéantise , et viens remplir une place de marmiton chez le seigneur que je sers; je t'apprendrai par amitié la cuisine , et te mettrai en état de devenir cuisinier du roi même : en tout cas , le moindre fruit que tu puisses

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