‹ Œuvres de Le SageChapitre 302 sur 321 · LIVRE XII, CHAP. X. 'SSo · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAP. X. 'SSo

suivant tautos le^ apparences, il alloit devenir premier wm^tc^' De touttes k& choses cliagrinantes que mon maître apprit, celle qui parut Faffliger davantage fut le changeaient qui se fit dans la vice*rayfttité die Vaples, que la cour, pour le mortifier seulement, ota au duc de Me^iiPfi de las Xorrès, qu'il aimoit, pour la donner à laRiirante de C^st^e, qu'il avait toujours haï.

On peut dire que, pen^^nt trois mois, monseigneur pe sentit dans la solitudie que trouble çt que diagFÎn;' mais son confesseur, qui étoit un religieux clç Tordre d§ SaintTDoaunique, et qui jpignoit à ync solide piété ime maie élocpiLencei, eut le pouvoir de le consoler. A force de lui représenter avec énergie qu'il ne dev-oit plus p/enser qu'à son ^alut, il eut, avec je ^ecc^rs 4o la grâce, le bonheur de détacher son espçit de la cour. Son excellence ne voulut plus savoir de nouvelles de Madrid , et n'eut plus d'autre soin que de se disposer à bien mourir. Madame d'Olivarès, de son côté, faisant un assez bon usage de sa retraite , trouva dans le couvent dont elle étoit fondatrice une consoÇsition préparé^ par la Providence : il y eut, parmi les religieuses, de saintes filles dont les discours pleins d'onction tournèrent insensiblement en douceur l'amertume de sa vie. A mesure que mon maître détournôit sa pensée des affaires du monde , il devenoitplus tranquille. Voici de quelle i^ianière il régloit sa journée : i) passoit presque toute la matinée à entendre àes masses clans l'église des religieuses , ex^suite il revénoit (Kner ; après quoi il s^amusoit , pendante deux heures , à jouer à toutes sortes de jeiix avee moiet qUelques-uns de sesphis affectionnés, domestiques; puis il se retiroit ordinairement tbut seul

dans soii<»binet, où il demeuroit jusqu'au' coucher du soleil; alors il faisoit le tour de son jardin , ou bien il alloit en carrosse se promener aux environs de son château, accompagné tantôt de son confesseur, et tantôt de moi.

Un jour que j'ëtois seul avec lui , et que j'admirois la sérénité qui brilloit sur son visage , je pris la liberté de I14 dire : Monseigneur, permettez -moi de laisser éclater ma joie ; à Tair de satisfaction que je vous vois , je juge que votre excellence commence a s'accoutumer à la retraite. J'y suis déjà tout accoutumé , me répondit-il; et, quoique je sois depuis k)ng*temps dans Vhabîtude de m'occuper d'afTaires, je te proteste, mon eafant, que je prends de jour en jour plus.de goût à la vie douce et paisible que je mène ici.

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