‹ Œuvres de Le Sage; avec notice et notesChapitre 124 sur 151 · LA BARONNE, M. TURCARET, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA BARONNE, M. TURCARET, LE CHEVALIER

LE CHEVALIER emhraffant M. Turcaret.

Monfieur Turcaret veut bien permettre qu'on

l'embrafle, & qu'on lui témoig-ne la vivacité du plaifir qu'on aura tantôt à fe trouver avec lui le verre à la main.

M. TURCARET au chevalier.

Le plaifir de cette vivacité -là... monfieur, fera... bien réciproque : l'honneur que je reçois d'une part... joint à... la fatisfaélion que... l'on trouve de l'autre... avec madame, fait, en vérité, que... je vous affure... que... je fuis fort aife de cette partie-là.

LA BARONNE a M. Tiircarct.

Vous allez, monfieur, vous engager dans des complimens qui embarrafferont auffi monfieur le chevalier ; & vous ne finirez ni l'un ni l'autre.

Ma confine a raifon ; fupprimons la cérémonie, & ne fongeons qu'à nous réjouir. Vous aimez la mufique.

Si je l'aime? m.alpelle ! je fuis abonné à l'opéra.

LE CHEVALIER

C'eft la paffion dominante des gens du beau monde.

C'eft la mienne.

LE CHEVALIER

La mufique remue les paffions.

Terriblement : une belle voix foutenue d'une trompette, cela jette dans une douce rêverie.

LE CHEVALIER

Oui, vraiment. Que je fuis un grand fot de n'avoir pas fongé à cet inflrument-là ! Oh ! parbleu, puifque vous êtes dans le goût des trompettes, je vais moi-mêm.e donner ordre... {Il va éoiir fortir.)

M. TURCARET Varrêtant toujours.

Je ne fouffrirai point cela , monfieur le chevalier; je ne prétends point que, pour une

trompette...

LA BARONNE las, a M. Turcaret.

Laiffez-le aller, monfieur.

Le chevalier fort.

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