FIN DE LA CRITIQ.UE DE TURCARET
LE POINT D'HONNECR
Cette pièce n'eut pas un grand fuccès, & eela fe comprend. Elle eft peu intéreffante. Avant d'être ce que nous l'avons donnée, elle paffa par le Théâtre-Italien, où elle fut jouée avec un prologue. Nous l'avons mife dans ce recueil pour qu'on puiffe comparer les deux manières de Lefage.
1. Nous avons confervé l'orthographe du texte. Il faudrait prado, qui fignifie promenade publique plantée d'arbres.
2. L'on dèfigne ainfi un homme habile à rechercher ce qui peut lui être utile ou agréable, & adroit à en profiter. Le merle fe défie beaucoup des pièges & des chaffeurs. De là fans doute cette locution.
5. Fruftré dans fes efpérances. Lorfque l'on veut empêcher les oies de traverfer les haies, on leur paffe une plume dans les orifices du bec. Cette plume fe préfentant de travers leur caufe une vive douleur lorfqu'elles effayent de franchir la haie.
4. D'après les vieilles légendes. Olibrius était gouverneur des Gaules vers le milieu du cinquième fiède. H devint un perfonnage des myfiérts. Il y repréfentait les fanfarons iS: les glorieux.
Cette comédie fut donnée le même foir que Don Ci-far Urfin, traduite de Calderon . Don Céfar, qui était le morceau de réfiftance, tomba à plat. Crifpin fut porté aux nues. C'était juftice. Cette pièce n'a pas depuis quitté le répertoire de la Comédie-Françaife.
1. C'eft la première attaque de Lefage aux hommes d'argent. Elle nous montre qu'en ce temps-là la banqueroute était déjà un moyen de faire fortune.
2. On donnait le nom de Tournelle aux deux chambres de juftice de Paris, mais on défignait plus fpécialement par le nom de La Tournelle celle qui jugeait en dernier reffort les affaires criminelles. Le bataillon de la Tournelle eft donc la troupe des condamnés qui étaient envoyés fur les galères du roi.
La Tontine efl une efpéce d'emprunt. Elle offrait aux prêteurs des chances confidérables en cas de furvie. C'eflà-dire que le fonds conftitué par cet emprunt était deftiné à être réparti, à une époque déterminée, entre les furvivants, avec la part des décédés & les intérêts accumulés. Cette opération financière tire fon nom de Lorenzo Tonti. La tontine dont il efl ici queflion fut ouverte en 1689 par Louis XIV. Elle était de 1,400,000 livres de rentes & finit en 1726.
I. Prêter au denier deux, c'était recevoir un denier d'intérêt pour deux deniers de capital. Ce qui équivaut au cinquante pour cent moderne. Le taux légal était le denier vingt.
Cette pièce, qui fubit un cruel échec, eut tellement à lutter contre le mauvais vouloir des comédiens, que le Dau-
phin, fils de Louis XIV, fut oblige d'y mettre un ternie en leur envoyant l'ordre formel « d'apprendre la pièce & de la jouer incefiamment ».
1. Un denier d'intérêt pour quatorze de capital. Voir, plus haut, la note fur la Tontine,
2. Les huiffiers à verge étaient des fergents royaux reçus au Châtelet. Cette charge fe vendait,