MARIANNE, ÉRASTE, FROSINE, CRISPIN
CRISPIN mi fond du théâtre, parlant à Amhroife.
Oui, tu n'as qu'à faire ce que je t'ai dit, & tu feras délivré de la tyrannie de monfieur le dodeur. Jufqu'au revoir. Adieu.
FROSINE a Crifpin.
Quoi ! tu as déjà entretenu Ambroife
CRISPIN a Frofine.
Je n'avois que deux mots à lui dire. Je l'ai prévenu. Il jouera bien fon rôle, & tout ira le mieux du monde. Mademoifelle Marianne fera, dès aujourd'hui, débarraffée de fon galant furanné, & mariée à mon maître. Et toi, Fro-
fine, je te permets d'élever ta penfée jufqu'à ma poffeffion.
FROSINE
Hé ! comment prétends-tu faire tous ces miracles ?
CRISPIN
Je me déguiferai en colonel. Mon maître fera mon major; & comme monfieur Trouffe- Galant ne nous connoît point, parce que, toutes les fois que nous entrons ici, nous prenons le temxS qu'il efl chez fes malades, je viendrai le confulter fur une maladie fuppofée... (Après avoir parlé bas a Frofme.) Hé bien ! Frofme, toi qui te connois en inventions, que dis-tu de celle-là ?
FROSINE
Je l'approuve, & c'efl tout dire.
ÉRASTE à Cri/pùi.
Mais dites-nous donc ce que c'efl?
CRISPIN h Érafle.
Je vous en inftruirai. Retirons-nous. Les momens font chers. Je vais tout difpofer pour l'exécution de mon projet. {A Marianne^ Sans adieu, la bé^le. {A Frofme.) Jufqu'à tantôt, Grifette. [A Érajïe.) Vous, major, fuivez-moi.
Erafle & Crifpin fortent.