PARFUM DE HELIOS-APOLLON
L'Héliotrope
ADIEU SE Splendeur qui naquis la première! Inévitable Archer, Titan, Porte-lumière, Tueur du vieux Python dans le Marais impur. Entends, exauce-nous. Œil ardent de l'azur. Roi des riches saisons, des siècles et des races !
Éternel Voyageur aux flamboyantes traces, Qui, joyeux, les cheveux épars, et jamais las. De l'Orient barbare aux monts de la Hellas, Loin du rose horizon où souriait l'Aurore, Eveillant les cités, les bois, la mer sonore. Pousses tes étalons hennissants et cabrés Et franchis bonds par bonds l'orbe des cieux sacrés ; Puis qui, debout, brûlant à leur plus haute cime, Baignes tout l'Univers d'un seul regard sublime;
O le plus beau des Dieux en qui coule l'Ikhôr, Entends-nous, Kithariste armé du plectre d'ori
Harmonieux amant des neuf Muses divines, Embrase-nous du feu dont tu les illumines, Afin que nous, mortels, qui ne vivons qu'un jour, Nous chantions, consumés de leur unique amour!
l6 DERNIERS POÈMES.
PARFUM DE SÉLÈNE
Le Myrte
\-J Divine, salut! Viens à nous qui t'aimons! Descends d'un pied léger, par la pente des monts, Au fond des bois touffus pleins de soupirs magiques ; Sur la source qui dort penche ton front charmant Et baigne son cristal du doux rayonnement De tes beaux yeux mélancoliques.
Toi qui, silencieuse et voilée à demi.
Surpris Endymion sur la mousse endormi Et d'un baiser céleste effleuras ses paupières, O blanche Sélènè, Reine des belles nuits, L'essaim des songes d'or qui bercent nos ennuis S'éveille à tes molles lumières!
Egaré dans l'espace orageux, le marin, Accoudé sur le bord des nefs au bec d'airain, Entend rugir les flots et gronder les nuées ; Mais il se rit du vent et de l'abîme amer, Quand tu laisses errer sur l'écumeuse mer Tes blondes tresses dénouées.
Immortelle, entends-nous 1 Sur ce monde agité Epanche doucement ta tranquille clarté I O Perle de l'azur, inclinée à leur faîte, De tes voiles d'argent enveloppe les cieux. Et guéris-nous, pour un instant délicieux, Des maux dont notre vie est faite.