‹ Œuvres de Leconte de LisleChapitre 55 sur 88 · DEUXIEME PARTIE I3I · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE I3I

lÔN .

Savais-tu la coupe empoisonnée ?

Était-ce bien à moi qu'elle était destinée?

LE VIEILLARD

Jeune homme, tu l'as dit.

lÔN.

Pourquoi? Que t'ai-je fait?

Mais quelque autre, sans doute, a, pour ce vil forfait, Armé tes vieilles mains lâchement homicides?

LE VIEILLARD

Non! J'ai voulu venger les vaillants Érékhthides Sur le fils du tyran Xouthos. Aucun n'a su Ma haine et mon dessein. Moi seul ai tout conçu. Un Dieu t'a préservé de la mort. Soit ! Je livre Au fer le peu de jours qui me restaient à vivre. Prenez-les, frappez-moi de vos bras résolus, Hâtez-vous. J'ai tout dit et ne répondrai plus.

PREMIER JUGE

Divin fils de Xouthos et Citoyens Pythiques, Q.u'il soit donc fait selon les Coutumes antiques.

Au vieillard.

Esclave ! ton aveu dicte ton châtiment.

Les pieds, les poings liés, tu mourras lentement

Sur la cime déserte et des aigles hantée

132 L APOLLONIDE.

Q.ui hacheront du bec ta chair ensanglantée. L'ardeur du jour, le froid des nuits, la soif, la faim, D'heure en heure, longtemps, prolongeront ta fin ; Puis, l'éternel Hadès engloutira ton âme. Et les Dieux livreront au vent ta cendre infâme !

lÔN .

O Loxias ! rends-moi la paix de tes autels ! Garantis-moi du thrône et des honneurs mortels I Rouvre tes bras divins, et que je vive et meure Sans haine et sans regret dans ta sainte demeure !

// sort.

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