‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 193 sur 734 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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se nommoil ce licencié. 11 s'appelle, lui dis-je, Louis Carcias. Il est au désespoir de s’èlrc attire votre disgrâce. Ce Carcias, interrompit-il, a, si je ne me trompe , été aumônier dans un courent de filles. Il a encouru les censures ecclésiastiques. Je me souviens encore des mémoires qui m’ont été donnés contre lui. Ses mœurs ne sont pas fort bonnes. Monseigneur , interrompis-je à mon tour, je n’entreprendrai point de le justifier ; mais je sais qu’il a des ennemis. Il prétend que les antenrs des mémoires que vous avez vus se sont plus attarhés à lui rendre de mauvais offices qu’à dire la vérité. Cela peut être , reprit l’archevêque : il y a dans le monde des esprits bien dangereux. D'ailleurs je veux que sa conduite n’ait pas toujours été irréprochable: il peut s’en être repenti ; enfin à tout péché miséricorde. Amène-moi ce licencié ; je lève l’interdiction.

C’est ainsi que les hommes les (dus sévères rabattent de leur sévérité quand leur plus cher intérêt s'y oppose. L’archevêque accorda sans peine au vain plaisir d’avoir scs œuvres bien écrites, ce qu’il avoit refusé aux plus puissantes sollicitations. Je portai promptement cette nouvelle au maître d’hôtel , qui 1a fit savoir à son ami Carcias. Ce licencié, dès le jour suivant, vint me faire des remerdments proportionnés à la grâce obtenue. Je le présentai à mon maître , qui se contenta de lui faire nne légère réprimande , et lui donna des homélies à mettre au net. Gardas s'en acquitta si bien , qu’il fut rétabli dans son ministère. Il obtint même la cure de Gabie , gros bourg aux environs de Grenade; ce qui prouve bien que les bénéfices ne se donnent pas toujours à la vertu.

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