CHAPITRE VI
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de pierreries et d’argent comptant. U s’embarque roît un joli garçon ; et l’avantage qu’il a de vous à Barcelone, passe en Italie, se met au service toucher de si près m’interresse pour lui. Je veux des Vénitiens, et perd enfin la vie dans la Moréc le prendre à mon service. Ce sera celui de nies ru combattant contre les Turcs. Pendant ce temps- secrétaires que je chérirai le plus ; j’en ferai mon là , une terre que nous avions pour tout bien fut homme de coufiance. Qu’il ne manque pas de veconfisquée , et je devins une douairière des plus nir dès cette nuit coucher chez moi : j’ordonnerai minces. A quoi me résoudre dans une si fâcheuse qu’on lui prépare un logement. Je lui donne extrémité? line jeune veuve qui a de l’honneur quatre cents ducats d’appointements ; et si dans la se trouve bien embarrassée. Il n’y avoit pas I suite j’ai sujet, comme je l’espère, d’ètre content moyen de m’en retourner dans les Asturies. Qu’y I de lui , je le mettrai en état de se consoler d’avoir aurois-je fait ? Je n’aurois reçu de ma famille que été trop sincère avec son archevêque, des condoléances pour toute consolation. D’un Les remercîmcnts que je fis là-dessus au maraulre côté , j’avois été trop bien élevée pour être quis furcut suivis de ceux de Laure, qui enchécapable de me laisser tomber dans le libertinage, rirent sur les miens. Ne parlons plus de cela , A quoi donc me déterminer? Je me suis fait co- interrompit-il ; c’est une affaire finie. En achevant médienne pour conserver ma réputation. ces paroles , il salua sa princesse de théâtre , et
Il me prit une si forte envie de rire, lorsque j’en- sortit. Elle me fit aussitôt passer daus un cabinet, tendis Laure finir ainsi son roman, que je n’eus pas : où , se vojant seule avec moi : J’éloufferois , s’épeu de peine à m’en empêcher. J’en vins pour- cria-t-elle, si je résistais plüs long-temps à l’envie tant à bout , et même je lui dis d’un air grave : que j’ai de rire. Alors elle se renversa dans un
Ma sœur, j’approuve votre conduite, et je suis fauteuil; et, se tenant les côtés, elle s’abandonna bien aise de vous retrouver à Grenade si honnête- comme une folle à des ris immodérés. Il me fut ment établie. impossible de ne pas suivre son exemple ; et ,•
Le marquis de Marialva, qui n’avoit pas perdu quand nous nous en fûmes bien donné : Avoue , un mot de tous ces discours, prit au pied de la Gil Blas, me dit-elle, que nous venons déjouer lettre ce qu’il plut à la veuve de don Antonio de une plaisante comédie î Mais je ne m’attendols pas débiter. U se mêla même à l’entretien : il me de- au dénoûment. J’avois dessein seulement de te manda si j’avois quelque emploi à Grenade ou ménager une table et un logement; et pour te 1rs ailleurs. Je doutai un moment si je mentirois; offrir avec bienséance, je t’ai fait passer pour mon mais, ne jugeant pas cela nécessaire, je dis la frère. Je suis ravie que le hasard t’ai présenté un vérité. Je contai de point en point comment j’étois si bon poste. Le marquis de Marialv a est un seigneur entré à l’archevêché, et de quelle façon j’en étois généreux , qui fera plus encore pour loi qu’il n'a sorti; ce qui divertit infiniment le seigneur portu- promis de faire. Une autre que moi, poursuivitgais. U est vrai que, malgré la promesse faite à elle, n’auroit peut-être pas reçu si gracieuse- Melchior, je m’égayai un peu aux dépens de ment un homme qui quitte ses amis sans leur dire l’archevêque. Ce qu’il y a de plaisant , c’est que adieu. Mais je suis de ces bonnes pâtes de filles Laure, qui s’imaginoit que je composois une fable qui revoient toujours avec plaisir un fripon qu’elles à son exemple , faisoit des éclats de rire qu’elle ont aimé.
n’auroit pas faits si elle eût su que je ne mentais Je demeurai d’accord de bonne foi de mon impoint. j politesse, et je lai en demandai pardon. Après
Après avoir achevé mon récit, que je finis par quoi elle me conduisit dans une salle à manger (resta chambre que j’avois louée, on vint avertir j propre. Nous nous mîmes à table; et, comme nous qu’on avoit servi. Je voulus aussitôt me retirer ) avions pour témoins uuc femme de chambre et un pour aller dîner à mon auberge; mais Laure laquais, nous nous traitâmes de frère et de sœur, m’arrêta. Quel est votre dessein , mon frère ? me i Lorsque nous eûmes dîné , nous repassâmes daus dit-elle. Vous dînerez avec moi. Je ne souffrirai I le même cabinet où nous nous étions entrelepas même que vous soyez plus long-temps dans nus. Là mon incomparable Laure, se livrant à une chambre garnie. Je prcteuds que vous man- toute sa gaîté naturelle , me demanda compte de gicz dans ma maison, et que vous y logiez. Faites tout ce qui m’était arrivé depuis notre séparation, apporter vos bardes ce soir ; il y a ici un lit pour Je lui en fis un fidèle rapport; et, quand j’eus sa* vous. tisfait sa curiosité , elle contenta la mienne, en me
Le seigneur portugais, à qui peut-être celte faisant le récit de son histoire daus ces termes, hospitalité ne faisoit pas plaisir, prit alors la pai oie, et dit à Laure : Non, Estelle, vous u’étes p-as logée ici assez commodément pour recevoir quelqu’un chez vous. Voire frère, ajouta l il , me pa-
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