CHAPITRE ni. sm
joué. Tu justifies bleu le clioix que j’ai fait de ta plume , et tu nie consoles de la jieite de ton prédécesseur. Le ministre n’auroit pas borné là mon éloge . si le comte de Lémos , son neveu , ne fût venu l’interrompre en cet endroit. Son excel- J lence l’embrassa plusieurs fois, et le reçut d’une . manière qui me fit connoitre qu’elle l’aimoit ton- ' drcinent. Ils s’enfermèrent tous deux pour s’entretenir en secret d’une affaire de famille, dont je I parlerai dans la suite , et dont le duc étoit alors plus occupé que de celles du roi.
Pendant qu’ils étoient ensemble, j’entendis sonner midi. Comme je savois que les secrétaires et les commis qujttoient à cette beure-là leurs bureaux |K>ur aller dîner où il leur plaisoit, je laissai là mon cbef-d’œuvre , et sortis pour me rendre non chez Monteser, parce qu’il m’avoit payé mes appointements et que j’avois pris congé de lui , mais chez le plus fameux traiteur du quartier de la cour. Une auberge ordinaire ne me convenoit plus. Songe que tu es •présentement au roi : ces paroles que le duc m’avoit dites s’offroient sans cesse à ma mémoire , et devenoient des semences d’ambition qui germoient d’instant en instant dans mou esprit.