‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 326 sur 734 · CHAPITRE XII. ioi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. ioi

droit sérieuse , il envoya chercher deux notaires à Madrid, pour leur faire faire son testament. Il fit venir aussi trois fameux médecins qui atoient la réputation de quérir quelquefois leurs malades. Aussitôt que le bruit de l'arrivée de ces derniers se répandit dans le château , on n’y entendit que des plaintes et des gémissements ; on y regarda la mort du maître comme prochaine, tant ou véloit prévenu contre ces messieurs ! Us avoieut amené avec eux un apothicaire et un chirurgien , ordinaires exécuteurs de leurs ordonnances. Ils laissèrent d’abord les notaires faire leur métier, après quoi ils se disposèrent à faire le lenr. Comme ils étoient dans les principes du docteur Sangrado, dès la première consultation ils ordonnèrent saignées sur saignées , en sorte qu'au bout de six jours ils réduisirent le comte-duc à l’extrémité, et le septième ils le délivrèrent de sa vision.

Après la mort de ce ministre , il régna dans le château de Loeches une vive et sincère douleur. Tous ses domestiques le pleurèrent amèrement. Bien loin de se consoler de sa perte par la certitude d’être compris dans sou testament, il n'y en avoit pas un qui n’cflt volontiers renoncé â son legs pour le rappeler â la vie. Pour moi, qu’il avoit le plus chéri , et qui m'étois attaché à lui par pure inclination pour sa personne , j’en fus encore plus touché que les autres. Je doute qu’Antonia m’ait coûté plus de larmes que le comte-duc.

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