M. TURCARET, LISETTE , FRONTIN
FRONTIN à M. Turcaret.
Je suis ravi , monsieur, de vous trouver en conversation avec cette aimable personne. Quelque intérêl que j’y prenne, je me garderai bien de troubler un si doux entretien.
M. TURCARET
Tu ne seras point de trop. Approche , Frontin , je te regarde comme un homme tout à moi , et je veux que tu m’aides à gagner l'amitié de cette fille-là.
LISETTE
Cela ne sera pas bien difficile.
FRONTIN à M. Turcaret.
Oh! pour cela non. Je ne sais pas, monsieur, sous quelle heureuse étoile vous êtes né; mais tout le monde a naturellement un grand foible pour vous.
M. TURCARET
Cela ne vient point de l’étoile, cela vient des manières.
Vous les avez si belles, si prévenantes.
M. TURCARET
Comment le sais-tu?
LISETTE
Depuis le temps que je sois ici , je n'entends dire autre chose à madame la baronne.
SI. TURCARET
Tout de bon ?
FRONTIN
Cette femme-là ne saurait cacher sa foi blesse : elle vous aime si tendrement!... Demandez, demandez à Lisette.