LISETTE. JACOB
Vous n’y perdrez pas , madame est généreuse.
M— JACOB
Ce n’est pas l’intérêt qui me gouverne ; et j’ai, Dieu merci, d’autres talents que de revendre à la toilette.
LA BARONNE
J’en suis persuadée.
LISETTE à madame Jacob.
Vous en avez bien la mine.
M"e JACOB.
Eh! vraiment, si je n’a vois pas d’autres ressources , comment pourrais-je élever mes enfants aussi honnêtement que je le fais ! J’ai un mari . à la vérité, mais il ne sert qu’à faire grossir ma famille, sans m’aider à l’entretenir.
LISETTE
11 y a bien des maris qui font tout le contraire.
Eh! que faites - vous donc, madame Jacob, pour fournir ainsi toute seule aux dépenses de votre famille?
J’ai votre affaire. C’est un gros commis qui a déjà quelque bien, mais peu de protection, il cherche une jolie femme pour s’en faire.
LISETTE
Le bon parti ! voilà mon fait.
la baronne à madame Jacob.
Vous devez être riche, madame Jacob?
Jacob.
Hélas! hélas! je devrais faire dans Paris une autre figure.... je devrais rouler carrosse, ma chère dame, ayant un frère comme j’en ai un dans les affaires.
LA BARONNE
Vous avez un frère dans les affaires?
Mme JACOB.
Et dans les grandes affaires encore! Je suis sœur de M. Turrarel , puisqu’il faut vous le dire... Il n’est pas que vous n’en ayez ouï parler ? la baronne avec étonnement.
Vous êtes sœur de M. Turcarel?
M"e JACOB.
N"’ jacob. \ Oui , madame , je suis sa sœur de père et de
Je fais des mariages , ma bonne dame. Il est mère même, vrai que ce sont des mariages légitimes : ils ne ' LISETTE étonnée aussi,
produisent pas uni que les autres; mais, voyez- j M. Turcaret est votre frère, madame Jacob? vous , je ne veux rien avoir à me reprocher. j jacob.
Lisette. I Oui, mon frère, mademoiselle, mon propre
C’est fort bien fait. frère , et je n’en suis pas plus grande dame pour
Mme jacob. j cela.... Je vous vois toutes deux bien étonnées;
J’ai marié, depuis quatre mois, un jeune mous- c’est sans doute à cause qu’il me laisse prendre quetaire avec la veuve d’un auditeur des comp- | toute la peine que je me donne? tes. La belle union! ils tiennent tous les jours j LISETTE,
table ouverte ; ils mangent la succession de l’au- Eh I oui ; c’est ce qui fait le sujet de notre étondileur le plus agréablement du monde. nement.
LISETTE. Mm" JACOB.
Ces deux personnes-là sont bien assorties. Il fait bien pis, le dénaturé qu’il est! il m’a
M™° jacob. défendu l’entrée de sa maison , et il u’a pas le
Ob! tous mes mariages sont heureux... ( A ia cœur d’employer mon époux. baronne.) Et si madame étoit dans le goût de la baronne.
se marier, j’ai en inain le plus excellent sujet. Cela cric vengeance.