ACTE V. SCÈNE X
Tur caret.) Mais, qu’est-ce que je vois? Ma bellesœur ici ! Madame Turcaret !
Madame Tprcarci!
la baronne à madame Jacob .
Madame Turcaret!
LISETTE à madame Jacob .
Madame Turcaret !
> LE MARQUIS à part.
Le plaisant incident!
M“* Jacob « madame Turcaret.
Par quelle aventure, madame, vous renconlré- Je en cette maison?
M®* tlugaret à part.
Payons de hardiesse... ( A madame Jacob.) Je ne vous connois pas , ma bonne.
M®* JACOB
Vous ne connoissez pas madame Jacob?... Tredanie ! est-ce à cause que depuis dix ans vous (‘tes séparée de mon frère, qui n’a pu vivre avec vous, que vous feignez de ne me pas connokre ?
LE MARQUIS
Vous n’y pensez pas , madame Jacob ; savezvous bien que vous parlez à une comtesse ?
M*' JACOB
A une comtesse ? Eli ! dans quel lieu , s’il vous plait, est sa comté? Ah! vraiment, j’aime assez ces gros airs-là.
il— TURCARET.
Vous êtes une insolente, ma mie.
Mme JACOB.
Une insolente! moi! je suis une insolente!.... Jour de Dieu ! ne vous y jouez pas! S’il ne tient qu’à dire des injures, je m’en acquitterai aussi bien que vous.
M"e TURCARET.
Oh ! je n’en doute pas : la fille d’un maréchal de Domfront ne doit point demeurer en reste de sottises.
M“* JACOB
La fille d’un maréchal? Pardi ! voilà une dame bien relevée pour venir me reprocher ma naissance? A Vous avez apparemment oublié que M. Briochais, votre père, étoit pâtissier dans la ville de Falaise. Allez, madame la comtesse, puisque comtesse y a , nous nous connoissons toutes deux... Mon frère rira bien quand il saura que vous avez pris cc nom burlesque, pour venir vous requinquer à Paris. Je voudrais, par plaisir , qu’il vint ici tout à l’heure.
Vous pourrez avoir ce plaisir-là, madame; nous attendons, à souper, M. Turcaret.
M"* TURCARET a part.
Alel
LE MARQUIS à madame Jacob.
Et vous souperez aussi avec nous, madame Jacob , car j’aime les soupers île famille.
Mm« turcaret à part
Je suis au désespoir d’avoir mis le pied dans cette maison.
LISETTE à part.
Je le crois bien.
Mm* turcaret à part , voûtant sortir.
J’en vais sortir tout à l’heure.
LE MARQUIS V arrêtant.
Vous o«* vous on irez pas, s’il vous plait, que vous n’ayez vu M. Turcaret.
M** TURCARET
Ne me retenez point, monsieur le marquis, ne me retenez point.
LE MARQUIS
Üh ! palsctiihlru ! mademoiselle Briochais , vous ne sortirez point , comptez là-dessus.
Eh ! marquis , cesse de l’arrêter.
LE MARQUES
Je n’en ferai rien. Pour la punir de nous avoir trompés tous deux , je la veux mettre aux prises avec son mari.
LA BARONNE
Non, marquis, de grâce, laisscz-la sortir.
LF. MARQUIS.
Prière inutile : tout ce que je puis faire pour vous, madame, c’est de lui permettre de se déguiser en Vénus , afin que son mari ne la rcconnoissc pas.
LLSETTE voyant arriver M. Turcaret.
Ah! par ma foi, voici M. Turcaret.
M”' JACOB à part.
J’en suis ravie.
M®* TURCARET à part.
La malheureuse journée!
LA BARONNE à part.
Pourquoi faut-il que cette scène se passe chez moi ?
LE MARQUIS à parti
Je suis au comble de la joie.