‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 41 sur 423 · III. D’autres y viennent par la seule réflexion · texte numérisé non relu

III. D’autres y viennent par la seule réflexion

Nous allons les considérer à part sous ces différents chefs.

Idées qui viennent dans l'esprit par un seul sens.

Premièrement , il y a des idées qui n’eutrent dans l’esprit que par un seul sens , qui est particulièrement disposé à les recevoir. Ainsi , la lumière et les couleurs, comme le blanc, le rouge , le jaune et le bleu , avec leurs mélanges et leurs différentes nuances qui forment le vert , l’écarlate , le pourpre , le vert de mer et le reste , entrent uniquement par les yeux ; toutes les sortes de bruits , de sons et de tons différents , entrent par les oreilles , les différents goûts par le palais, et les odeurs par le nez. Kt si les organes ou nerfs qui , après avoir reçu ces impressions de dehors , les portent au cerveau , qui est , pour ainsi dire , la chambre d'audience où elles se présentent è l'âme pour y produire différentes sensations ; si , dis-je , quelques-uns de ces organes viennent a être détraqués , en sorte qu’ils ne puissent point exercer leur fonction , ces sensations ne sauraient y être admises par quelque fausse porte ; elles ne peuvent plus se présenter à l’entendement , et en être aperçues par aucune autre voie.

« titre que ta notre ? Nous saisissons la pomme quasi par

- tous nos sens : noua y trouverons Je la rougeur, Je la a potisaeure. Je t odeur et Je la Joucetir : outre cela elle

- peut avoir d’autres vertus, comme d’asseichec ou ri'v « treindre, ausqudtes nous u’avous point Je sens qui se ■ puisse rapporter. Le* propriétés que nous appelons oo « cuites en plusieurs choses, comme S l'aimant d'attirer a le fer, n'est-il pas vraisemblable qu'il y a «les facultés

• sensitives eu nature propres è les juger et à les aperce-

• voir, et que te défaut Je telles facultés noos apporte l'i-

• gnorance de la vraye essence de telles chose* ? • Essais^ liv. II, rhsp XII.

Les plus considérables des qualités tactiles , sont \c froid, le chaud et la solidité. Pour toutes les autres, qui ne consistent presque en autre chose que dans ta configuration des parties sensibles, comme est ce qu'on nomme poli et rude, ou bien dans l'union des parties , plus ou moins forte, comme est ce qu’on nomme compacte et mou, dur et fragile, elles se présentent assez d'elles-mèmes

5 3. Il g a peu d’idées simples qui aient des noms.

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire ici une énumération de toutes les idees simples qui sont les objets particuliers des sens. Et on ne pourrait même en venir à bout quand on voudrait , parce qu’il y en a beaucoup plus que nous n'avons de noms pour les exprimer. Les odeurs, par exemple , qui sont peut-être en aussi grand nombre , ou même en plus grand nombre que les différentes espèces de corps qui sont dans le monde , manquent de nom pour la plupart. Nous nous servons communément mots sentir bon ou sentir mauvais, pour exprimer ces idées , par où nous ne disons , dans le fond , autre chose , sinon qu'elles nous sont agréables ou désagréables, quoique l'odeur de la rose et celle de la violette, par exemple, qui sont agréables l’une et l'autre , soient sans doute des idées fort distinctes. On n’a pas eu plus de soin de donner des noms aux différents goûte, dont nous recevons les idées par le moyen du palais. Le doux, Vamer, V aigre, l'âcre, Vacerbe et le salé , sont presque les seuls termes que nous ayons pour désigner ce nombre infini de saveurs qui se peuvent remarquer distinctement, non -seulement dans presque toutes les espèces d'êtres sensibles, mais dans les différentes partira de la même plante ou du même animal. Ou peut dire la même chose des couleurs et des sons. Je me contenterai donc , sur ce que j’ai à dire des idées simples , de ne proposer que celles qui font le plus & mon dessein , ou qui sont en elles-mêmes de nature à être moins connues , quoique fort souvent elles fassent partie de nos idées complexes. Parmi ces idées simples, auxquelles on fait peu d'attention , il me semble qu'un peut fort bien mettre la solidité, dont je parlerai pour cet effet dans le chapitra suivant.

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