‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 45 sur 423 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des idées simples qui nuus viennent pur divers sens.

Les idées qui viennent à l’esprit par plus d’un sens sont celles de l'espace ou de l'étendue , de | la figure , du mouvement et du repos ’. Car 1 toutes ces choses font des impressions sur nos 1 yeux et sur les organes de l’attouchement ; de sorte que nous pouvons également, par le moyen de la vue et de l'attouchement , recevoir et faire entrer dans notre esprit les idées de l'étendue , de la figure , du mouvement et du repos des corps. Mais comme j'aurai occasion de parler ailleurs plus au long de ces idée»-là , il suffira d’en avoir fait ici l’énumération.

1 « Je distingue l’étendue de la matière, contre le s«v

- liment de# c artésien#. Cependant je ne crois pas qu’il y « ait deux étendues ; et puisque ceux qui disputent sur la

■ différence de l’étendue et de la solidité conviennent de " plusieurs vérités sur ce sujet, et ont quelques notions

- distinctes, ils y peuvent trouver le moyen de sortir de ■■ leur différend. •

1 m Ces idées qu'on dit venir par plus d'un sens,

■ comme celles de l'espace, de la figure, du mouvement, j

S 1". Les objets extérieurs ayant fourni a l’esprit les idées dont nous avons parlé dans les chapitres précédents, l’esprit faisant réflexion sur lui-méme , et considérant ses propres opérations par rapport aux idées qu'il vient de recevoir, tire de 1& d'autres idées qui sont aussi propres à être les objets de ses contemplations , qu'aucune de celles qu’il reçoit de dehors.

jj 2. Les idées de la perception et de la volonté nous viennent par la réflexion.

U y a deux grandes et principales actions de notre âme dont on parle le plus ordinairement, et qui sont , en effet, si fréquentes, que chacun peut les découvrir aisément en lui-méme , s’il veut en prendre la peine : c'est la perception ou la puissance de penser , et la volonté ou la puissance de vouloir '.

La puissance de penser est ce qu'on nomme l' entende ment , et In puissance de vouloir est ce qu'on nomme la volonté : deux puissances ou dispositions de l'âme auxquelles on donne le nom de facultés. J'aurai occasion de parier dans la suite de quelqnes-uns des modes de ces Idées simples produites par la réflexion ; tels sont le souvenir, le discernement , le jugement , la connaissance , la crojance , etc.

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