‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 64 sur 423 · Les relations · texte numérisé non relu

Les relations

1 « Cette division est assez à mon gré : je crois que les

- qualités ne sont que des modifications des substances , s et l'entendement y ajoute les relations ; il s'ensuit plus

- qu’on ne pense, s

S 4. Ce que c’est que les modes.

Premièrement, j'appelle modes, ces idées complexes , qui , quelque composées qu'elles soient, ne renferment point la supposition de subsister par elles-mêmes , mais sont considérées comme des dépendances ou des affections des substances : telles sont les idées signifiées par les mots de triangle, de gratitude, de meurtre, etc. Que si j'emploie dans cette occasion le terme de mode dans uu sens un peu différent de celui qu'on a accoutumé de lui donner , je prie mon lecteur de me pardonner cette liberté ; car c’est une nécessité inévitable dons des discours où l'on s’éloigne des notions communément reçues, de faire de nouveaux mots, ou d'employer les anciens termes dans une signification un peu nouvelle ; et ce dernier expédient est peut-être le plus tolérable dans cette rencontre.

S 5. Deux sortes de modes , les uns simples, et les autres mixtes.

Il y a deux sortes de ces modes qui méritent d’être considérés à part. 1. Les uns ne sont que des combinaisons d'idées simples de la même espèce , sans mélange d’aucune autre Idée , comme une douzaine , une vingtaine , qui ne sont autre chose que des idées d'autant d'unités distinctes , jointes ensemble '.Et ees modes , jo les nomme modes simples, pnrcc qu'ils sont renfermés dans les bornes d'une seule idée simpie. 2. 11 y en a d’autres qui sont composés d'idées simples de différentes espèces , qui , jointes ensemble, n’en font qu’une : telle est , par exemple, l'idée de la beauté, qui est un certain as- ; semblage de couleurs et de traits, qui fait du plaisir a voir. Ainsi le vol, qui est un trans- ' port secret de la possession d une chose sans le : consentement du propriétaire , contient visiblement une combinaison de plusieurs Idées de différentes especes , et c’est ce que j'appelle modes mixtes.

' « Peut-être que dizaine et vingtaine ne sont que « des relations , et ne sont constituées que par le rapport

- à l'entendement. Les unités sont X part, et l'entende* « ment les prend ensemble, quelque dispersées qu’elles « soient. Cependant, quuique les relations soient de l'en-

- tendement , elles ne sont pas sans fondement et réalité . s Car le premier entendement est l'origine des choses ; et s même la réalité de toutes choses, excepté les substances >• simples , ne consiste que dans le fondement des pereep-

- tiens des phénomènes des substances simples. Il en est

- souvent de même X l’égard des modes mixtes , c’est* I - a diré qu’il faudrait les renvoyer plutôt aux relations. -

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