ACTE CIJNQUIÈME. :>'i
PANIA
Une telle perte affligerait même la victoire.
SARDANAPAI.E.
Hélas! qui peut en gëmir autant que moi?... Cependant ces murs où nous sommes renfermés sont bien fortifiés , et nous avons au dehors des amis qui s'ouvriront une voie à travers les rangs des rebelles , pour faire de nouveau de la demeure de leur souverain... ce qu'elle était... un palais... et non une prison ni une forteresse. ( Un officier entre avec empressement. ) Ton visage semble sinistre... Parle. l'officier.
Je n'ose.
SARDANAPALE
Tu n'oses , quand des milliers de sujets osent se révolter les armes à la main... voilà qui est étrange ! Je t'invite à rompre ce silence de la loyauté à qui 11 coûte d'affliger son souverain : nous pouvons entendre des nouvelles plus terribles encore que celles que tu vas nous imnoncer.
PANIA
Poursuis... tu as entendu.
l'officier.
Le rempart qui s'élevait sur les bords de l'Euphrate vient d'être renversé par une soudaine inondation. Le fleuve, gonflé par les pluies récentes qu'ont versées les nuages sur les riantes montagnes où commence sa source, a franchi ses rives et détruit cette muraille.
PANIA
Funeste augure ! il est dit depuis des siècles que la ville ne céderait jamais à l'homme si le fleuve ne se déclarait son ennemi.
SARDANAPALE
Je puis pardonner l'augure, mais non le ravage. Quelle étendue de muraille a été renversée .'' lofficier.
Enviion quarante stades.