‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 156 sur 277 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BABBARIGO.

Quoi , gueri'c aussi à ses enfans •'

Et à toute sa race , jusqu'à l'extinction de la sienne ou de la mienne.

BARBARIGO

Et la cruelle agonie de son épouse , et la contrainte que s'imposait le front noble et altier de son vieux père , dont la douleur se trahissait rarement par un léger frémissement , ou par quelques larmes bientôt essuyées sur son visage austère... quoi! rien ne t'a touché? { Lorcdano sort.) 11 est silencieux dans sa haine , comme Foscari Tétait dans ses souffrances ; et l'infortuné m'a plus ému par son silence que je n'aurais pu l'être par mille cris. O scène affreuse quand sa femme égarée est survenue dans la salle et a vu ce que nous-mêmes nous pouvions à peine regarder , quoique depuis long-temps habitués à de pareils spectacles ! Je ne veux plus y penser , de peur d'oublier dans cette pitié pour nos ennemis leurs anciens outrages , et de perdre le fruit de la vengeance que Loredano poursuit pour lui et poiu- moi. Ah! mon cœur se contenterait de moindres représailles que celles qu'il cherche, et je voudrais modérer sa profonde haine par des pensées plus douces. Mais , du moins , Foscari a un répit d'une heure accordé aux instances des anciens du conseil , émus sans doute par l'aspect de sa femme dans le tribunal et par les tourmens de 1 accusé... Ah! les voici. Quel air languissant et malheureux! je ne puis supporter davantage la vue d'un tel spectacle... Allons faire mes efforts pour adoucir Loredano. ( Barbarigo sort. )

284 LES DEUX FOSCARl.

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