ACTE CINQUIÈME
SIEGENDOUF.
Celaest vrai... Qu'elle ne devieunepas plus tatale !... Partez!
GABOR
Par le même chemin ?
SIEGENDORF
Oui, il est sûr encore: mais ne restez pas à Prague; vous ne savez pas à qui vous avez affaire !
GABOR
Je ne le sais que trop, et je le savais avant vous, malheureux père! Adieu. ( Gabor sort.)
SIEGENDORF , SCul. ( Il écOUte. )
Le voilà descendu I... Ah! j'entends résonner la porte après lui!... il est sauvé!... sauvé!... Ame de mon père!... je me sens défaillir! (// s^ appuie douloureusement sur un banc de pierre contre le mur de la tour.) ( blric entre armé avec ses partisans y le sabre nu. )
ULRIC
Hâtez-vous , il est ici !
LUDWIG
Le comte, seigneur!
ULRIC , reconnaissant Siegendorf.
Vous ici , mon père !
Oui; s'il te faut une autre victime... frappe !
ULRIC, s^ apercevant qii^ il n'a plus ses bijoux.
Où est le scélérat qui vous a volé ? Vassaux , courez à sa poursuite. Vous voyez, je vous l'avais dit... le misérable a dérobé à mon père des bijoux qui valent l'héritage d'un prince... Allez, courez. ( Tous sortent, excepté S iegendorf et Vlric. ) Qu'est-ce donc .^ où est ce traître ?
SIEGENDORF
Il y en a deux : lequel cherchez-vous ?
ULRIC
Cessons ces disco .rs. Il faut qu'on le trouve. Vous no l'avez pas laissé s'échapper...?
500 WERNER
SIEGENDORF
11 est parti !
Grâce à vous?
ULRIG.
SIEGENDORF
Je n'ai pas hésité à lui prêter secours.
ULRIC
En ce cas , adieu. ( Ulric va sortir. )
SIEGENDORF
Arrête! je l'ordonne... je t'en prie... je l'implore! OUlric, me laisseras- tu '^
ULRIC
Quoi donc ! resterai-je pour être dénoncé... traîné... peutêtre chargé de fers , et par votre faiblesse , votre demi-humanité, vos égoïstes remords, votre pitié indécise, qui sacrifie toute votre race pour faire profiter un misérable de votre ruine ! Non , comte , désormais vous n'avez plus de fils.
SIEGENDORF
Je n'en eus jamais ! plût au ciel que tu n'en eusses jamais porté le vain nom ! Où iras-tu ? Je ne voudrais pas te voir t'en aller sans protection.
ULRIC
Laissez-moi ce soin.. . je ne suis pas seul , ni le simple héritier de vos domaines; mille et même dix mille épées, dix mille cœurs sont à moi.
SIEGENDORF
Les bandits de la forêt avec lesquels le Hongrois te vit jadis à Francfort ?
ULRIC
Oui... des hommes... qui sont dignes du nom. Allez dire à vos sénateurs qu'ils veillent bien à Prague. Leur fête pour la paix était bien précoce pour le temps... U y a plus de gens dévoués à nos drapeaux que n'en eut Walstein.
[Joséphine et Ida entrent.)